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40 ans de sacerdoce ; donner sa vie, la liberté d’un choix
Article mis en ligne le 29 mai 2014
dernière modification le 28 juin 2014

par Cl Arrignon
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40 ans de sacerdoce,
Homélie de ce dimanche 18 mai 2014.

Donner sa vie, la liberté d’un choix.

Dans cet évangile, (Évangile selon StJean 14, 1-12)
Jésus parle de son Père, il parle de nous.
“Je suis dans le Père, le Père est en moi...celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi.”
Il parle des relations avec son Père, il parle de ses relations avec nous.
Croire, c’est faire confiance à quelqu’un, ce n’est pas d’abord vivre des valeurs.
Je n’ai pas donné ma vie à des valeurs, je l’ai donnée à Quelqu’un.
Les valeurs dont on parle souvent, ce sont en principe les valeurs évangéliques mais délayées dans beaucoup d’eau.

Vous êtes des pierres vivantes. (1ère Lettre de St Pierre 2, 4-9)
Quand j’entends ça, je pense aux savates de mon père.
Mon père agriculteur, quand il quittait ses bottes, ou ses sabots, ou ses brodequins pour entrer à la maison, prenait des savates, mais il ne les rentrait jamais entièrement, son talon écrasait l’arrière de la savate.
Donc, quand on s’agenouillait dans des chaises pour la prière du soir, tournés vers la cheminée, parce que la croix de la cuisine était au-dessus de la cheminée, il y avait toujours un moment où on entendait : plaf, plaf ; c’était les deux savates de papa qui venaient de tomber dans la place.
On priait ensemble, ma mère disait son chapelet. Je les ai vus rendre service aux voisins. J’ai vu ma mère enlever son « tablier à vaches », se laver soigneusement les mains, et partir faire bénévolement des piqures à la demande d’un voisin ou l’autre. Et elle ne faisait pas de différences entre les fesses des mécréants et des croyants.
Voilà pourquoi les savates de mon père me font penser aux pierres vivantes. Dans l’exercice de la prière et de la charité, ils étaient des pierres vivantes sans le savoir.

Ajoutez à ça une sœur religieuse, ça peut faire un terrain favorable pour une vocation de prêtre. Quand le lendemain de ma profession de foi, le vicaire invité à manger de la crème fouettée à la maison, m’a dit : “qu’est-ce que tu fais en septembre”, j’ai essayé de ruser mais j’avais très bien compris.
Mon père n’était pas content quand je lui ai demandé de rentrer au séminaire. Il avait pensé que je prendrais sa suite. Il a dû pleurer. Il a pleuré aussi le jour de l’ordination, mais c’était d’autres larmes.

Mais vous comprendrez que lorsque j’entends des parents de baptisés dire, il choisira, on le laissera libre, je crains qu’on ne parle plus de la tranquillité des parents plus que de la liberté des enfants, qu’ont su respecter mes parents.
Bien sûr entre mon premier oui et mon ordination, il y a eu d’autres oui, que je n’ai pas le temps d’aborder ici.

A la mi-août 1976, je préparais le mariage d’amis qui se reconnaîtront sans doute. Et je me disais, quand on marie on parle de l’amour de Dieu, quand on renonce au mariage pour raison religieuse on parle encore d’amour de Dieu. Alors ?
Le sacrement, le signe sacré du mariage : les mariés, par l’amour qu’ils vivent, nous montrent à quoi ressemble Dieu amour, comme les rayons du soleil nous montrent le soleil. L’amour humain, particulièrement l’amour du couple, a sa source en Dieu

Il vient de Dieu, mais il n’est pas Dieu. Les rayons du soleil ne sont pas le soleil.
Le célibat du religieux, de la religieuse, du prêtre signifie que si l’amour humain vient de Dieu, il n’est pas le tout de Dieu. Il y a un amour plus grand que tous nos amours. Par ressemblance ou par différence, le mariage comme le célibat consacré nous font signes de Dieu.

Le ministère du prêtre tout comme celui du diacre ne se réduit pas à ses actes liturgiques bien sûr. Si on voulait résumer en une phrase le ministère du prêtre, on pourrait dire que sa fonction essentielle c’est de rappeler que la communauté chrétienne, c’est pas un pique-nique sympathique entre copains. Ça a du sens d’ailleurs que le prêtre il vient d’ailleurs et repart ailleurs.
Le ministère du prêtre, signes du Christ pasteur de son Église, signifie que c’est du côté du Christ que la communauté cherche sa référence, sa raison d’être, sa mission.
Un moment très parlant, et de plus en plus rare, du ministère pour moi, ce sont certaines confessions individuelles. Quelqu’un qu’on ne connaissait pas une minute plutôt dépose devant vous des choses lourdes. Et vous dites : “Au nom de Père, du Fils et du St Esprit, je te pardonne tous tes péchés.” Il y a un abîme entre ce qu’on est et ce qu’on est entrain de faire.

C.Arrignon

Photo © P. Prenat


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