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50 ans de sacerdoce du Père Gaby Ribreau
Article mis en ligne le 6 juillet 2010
dernière modification le 3 décembre 2010
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50 ans


Dans cette église de Benet, il y a 50 ans, un geste marquant. Le curé du moment , le Père Frappier , a eu l’idée de faire défiler les gens pour embrasser les mains au tout jeune prêtre que j’étais , ces mains qui avaient reçu 4 jours plus tôt l’onction d’huile sainte de l’évêque pour exercer le Sacerdoce .

- Depuis 50 ans, ces mains ont versé l’eau du baptême sur des centaines d’enfants et quelques adultes et ils sont devenus enfants de Dieu.
- Elles se sont levées sur bon nombre de pénitents pour communiquer le pardon de Jésus .
- Elles se sont mises sur les mains d’hommes et de femmes pour leur signifier qu’ils étaient unis par Dieu dans le Mariage .
- Elles ont pris chaque jour l’hostie et le calice pour rendre présent le Corps et le Sang du Seigneur Jésus. Elles ont rempli les mains qui se tendaient pour communier au Corps du Christ
- Elles ont aussi marqué de l’huile sainte le front et les mains des malades pour leur apporter la force et le réconfort du Seigneur .
Oui, les sacrements passent par les mains du prêtre et je puis regarder ce matin, ces mains ridées comme de vrais canaux qui ont transmis la grâce du Seigneur Jésus . Merci Seigneur, de faire passer par nos mains la force et les bienfaits de ton amour !

Dans l’Eglise, on ne travaille jamais seul , nous avons besoin des mains des autres, aussi mes mains, ont serré bien d’autres mains,
D’abord celles de mes frères , missionnaires de la Plaine , avec qui j’ai collaboré au cours de ces 50 années
Mais aussi dans les visites au porte à porte durant les 10 années de vie missionnaire
Ou dans les rencontres quotidiennes, durant les 5 ans de curé au Gué de Velluire et les 9 ans sur le secteur de Gémozac-Tesson, puis les 8 ans à la paroisse St Michel l’Abbaye. Elles ont serré bien des mains qui faisaient du bien dans le SOS, la conférence St Vincent de Paul ou ailleurs…
Pendant 15 ans , à Lisieux , elles ont serré les mains de gens venant du monde entier et elles se sont posées sur les reliques de Thérèse et de ses parents .
Depuis 2 ans , à Chateauroux, elles voudraient bien serrer beaucoup d’autres mains , mais en ville peu de gens s’arrêtent pour se serrer la main …
J’aime la parole de la pasteur protestante Francine Carillo : « à ouvrir ses mains, on en rencontre une multitude d’autres à serrer, à aimer, à aider »

Ces mains elles ont aussi écrites bien des homélies , bien des lettres , et depuis quelques années , elles envoient aussi des mails … Elles ont piloté le vélo mais aussi des voitures de la 2CV à la Clio…


Ces mains ont aussi plusieurs fois par jour ouvert le livre de prières que nous a confié l’Eglise pour prendre, avec mes frères, toute l’humanité afin de la présenter au Seigneur .
Ces mains m’ont servi aussi bien des fois à faire la cuisine et par cette cuisine à rassembler des groupes dans la convivialité . Je pense notamment aux groupes de jeunes foyers . En ce jour, je veux remercier le Seigneur d’avoir été appelé , par mon évêque, dès 1965, a accompagner les fiancés dans leur préparation au sacrement de Mariage . J’ai compris l’importance et la grandeur de l’amour humain, La pression de leurs mains pour exprimer l’intensité de leur amour est pour moi une belle image de la communion dans la diversité. D’où à toutes les étapes , cette préoccupation des jeunes qui se préparent au mariage s’est maintenue. Elle demeure encore à Chateauroux où je collabore avec les foyers qui animent le CPM.
Il existe certaines constantes dans la vie d’un prêtre, pour moi l’action près des fiancés en est une . Si vous en voulez une autre , c’est celle de transmettre la spiritualité de confiance, d’amour et de zèle missionnaire deThérèse.
C’est grâce à elle que j’ai tenu dans la période si difficile des années 1970-85 où tant de prêtres quittaient le Sacerdoce . Je sais expérimentalement qu’elle se préoccupe des prêtres et les aide .
Grâce à elle, combien de chrétiens j’ai pu remettre en piste et qui, à leur tour, en ont aidé d’autres …J’ai aussi un grand merci à dire à la carmélite de Luçon qui m’a pris en charge, dans sa prière, depuis 50 ans.

Notre religion est une religion d’amour . Elle ne s’exprime pas uniquement par des paroles , mais par des actes et c’est par nos mains
que la plupart du temps ils passent . Quelle richesse que nos mains ! Vous pourrez y penser en vous donnant la paix tout à l’heure , avec vos mains et si vous venez communier en recevant Jésus, dans votre main .
Nous les apprécions d’autant plus en vieillissant qu’elles deviennent plus fragiles et ont de la peine à tenir les objets ou de la peine à bien écrire . Alors , je pense à Thérèse annonçant « je paraitrai devant Dieu les mains vides » C’est sans doute cela la dernière étape de la vie sur terre : accepter d’avoir les mains vides pour que Jésus les remplisse de son amour.

En ayant vécu dans 4 diocèses différents : Luçon – La Rochelle – Bayeux-Lisieux – Bourges , je constate que les difficultés fondamentales des gens sont partout les mêmes et qu’il faut les aimer tels qu’ils sont . Dès mon ordination , j’étais convaincu que j’aurais beaucoup de difficultés et sur mon image d’ordination j’avais fait imprimer la parole de Jésus en St Jean « dans le monde vous aurez à souffrir, mais courage, j’ai vaincu le monde ».
La plus grosse difficulté a certainement été de m’accepter tel que je suis .
Il faut parfois longtemps pour s’aimer tel que l’on est . Pour moi, il m’a fallu 70 ans ! Je fais mienne cette réflexion : Maintenant que je deviens vieux j’ abandonne l’idée de changer le monde comme cela me plairait… J’accepte la tâche que le Seigneur m’a donnée : celle d’aider les gens à grandir, pas selon mon goùt mais selon celui du Seigneur . »
Nous avons toujours à revenir à l’essentiel : Nous nous sommes faits prêtres beaucoup moins pour convaincre que pour être signes . Être témoin de Jésus Christ, ce n’est pas faire de la propagande , ni même faire choc , c’est « faire mystère » . C’est vivre de telle façon que la vie soit inexplicable si Dieu n’existe pas .
Nous sommes faits pour un mystère qui dépasse notre compréhension.
Une belle parole de Madeleine Delbrel prend tout son sens : « si tu vas au bout du monde, tu trouveras des traces de Dieu, si tu vas au fond de toi, tu trouveras Dieu lui-même. »

Chaque jour me rapproche de la fin de ma vie sur terre. Ca ne m’angoisse pas le moins du monde car je ne m’en vais pas vers le néant « je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». disait Ste Thérèse. Elle ajoutait :« je ne prendrai pas de repos tant qu’il y aura des âmes à sauver . » Formidable ! Tout ce que je n’ai pas pu faire pendant ma vie sur la terre, je pourrai alors le faire. C’est quand même une perspective fort encourageante ! Non ?
Alors, à la fin de l’année du Sacerdoce où nous avons suivi le Curé d’Ars, je lui emprunte sa prière : « ô mon Dieu, plus j’approche de ma fin, plus je vous conjure d’accroître mon amour et de le perfectionner. » Et je demande à Thérèse de me transmettre son grand désir : celui d’aimer jusqu’à mourir d’amour.

Père Gaby Ribreau


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