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Au nom de Jésus, les chrétiens et les prêtres à l’écoute de l’histoire humaine
Article mis en ligne le 13 juin 2010
dernière modification le 20 juin 2010
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SURVINT UN FEMME DE LA VILLE, UNE PECHERESSE
Luc 7, 36 - 8, 3)

Dans ce texte de Luc, Jésus est invité par un pharisien à déjeuner chez lui. Survint une femme de la ville, une pécheresse : on ne connait pas son nom : ce qui qualifie cette femme c’est uniquement son péché. Elle apportait un vase précieux plein de parfum. En Orient, au temps de Jésus, on peut entrer librement dans une maison où se donne un festin. De même, le climat chaud de l’Orient explique l’usage abondant que l’on fait des parfums : offrir un parfum rafraîchissant est une marque d’hospitalité normale, comme l’usage de se rafraîchir les pieds après une marche dans la poussière. Voilà donc une pécheresse, peut-être une « prostituée » au pied de Jésus : elle couvre de baisers les pieds de Jésus et elle remplit toute la salle de festin de son parfum. Si les évangélistes tiennent tant à nous rapporter cette scène étrange, c’est que Jésus a un message essentiel à nous dire à partir de ce fait. Alors essayons de comprendre : Les cheveux de cette femme ne sont-ils pas le symbole de sa féminité, de toute sa vie de femme ; son parfum n’est-il pas le symbole de sa vie de relations aux autres ; les pleurs de cette femme ne sont-ils pas le symboles de son repentir et de sa recherche de vérité…ses cheveux, son parfum, ses pleurs : ce sont autant de signes qui expriment toute sa vie, toute sa vie avec toute l’épaisseur de son humanité, mais aussi sa vie spirituelle, sa recherche de sens et d’absolu … Elle semble apporter toute cette vie-là à Jésus avec beaucoup de simplicité et sans trop se poser de questions… ; aussi, de son côté, Jésus semble l’accueillir sans aucune réserve, alors que le pharisien, le bien pensant, donne l’impression de mépriser cette femme étant donné tout ce qu’il sait de sa vie extérieure. Le regard de Dieu n’est pas tout à fait le même que le regard de l’homme sur un être humain : Dieu ne regarde-t-il pas le fond du cœur, alors que l’homme ne regarde souvent que quelques agir extérieurs ?

Voici un message important que cette femme nous laisse : elle nous invite à rencontrer le Christ sans forcément nous préoccuper du « qu’en-dira-t-on » et de venir à lui tels que nous sommes… Venir à Dieu en toute confiance, sans détour, en toute simplicité, en déposant à ses pieds ce qui fait tout simplement le poids de notre vie… cette femme nous apprend que toute personne, par delà sa conduite extérieure, est en recherche de vérité et que cette démarche est digne de respect. Elle nous apprend beaucoup sur le fond et le secret du coeur d’une personne.

Ce qui est impressionnant aussi dans cette histoire, c’est l’accueil que Jésus réserve à cette femme pécheresse (prostituée) : il l’accueille telle qu’elle est. Non seulement il accueille ses gestes quand même assez excentriques, mais il prend sa défense publiquement en adressant au pharisien une parabole sur les créanciers. Jésus remet les choses en place, il redonne les critères du salut et il fait du pardon la démarche essentielle de ceux et celles qui veulent vivre. L’amour est la cause du pardon : « Ses péchés sont pardonnés à cause de son grand amour »… et l’amour est la conséquence du pardon : « Plus on est pardonné, plus on est porté à aimer. ». L’attitude de Jésus est une attitude d’amour, de respect, mais surtout une attitude de résurrection, une attitude de foi en l’autre, une attitude d’espérance en l’autre. L’attitude de Jésus est une attitude pleine d’humanité, mais aussi une attitude pleine de la Vie de Dieu qui est Amour et Pardon.

En cette fin d’année sacerdotale, avec ce passage d’Evangile de Luc, nous avons, en ce Jésus face à cette femme pécheresse, un exemple de ce que peuvent vivre les prêtres aujourd’hui dans leur mission de proximité avec l’histoire humaine. En contemplant Jésus qui accueille cette femme, nous pouvons peut être mieux comprendre comment nous sommes, nous les chrétiens, appelés à vivre la chasteté au quotidien, dans les conditions de vie que sont les nôtres. Aussi, nous qui sommes appelés à constituer des communautés de proximité, ce Jésus proche du coeur humain nous interpelle sur le sens de la proximité que nous sommes appelés à vivre avec tous les hommes de notre temps.

A l’image de cette femme qui a osé une rencontre personnelle avec Jésus, à l’image de Jésus qui a osé avoir pour elle un regard de miséricorde (différent du laxisme), sachons apprendre ou réapprendre une démarche de Pardon, une démarche respectueuse du vécu de l’autre, une démarche de lucidité sur notre propre vie. Demandons, à l’exemple de cette femme, la grâce de l’Amour…du véritable Amour.

P. Louis Morandeau


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