Paroisse Ste Marie en Plaine et Marais
Slogan du site

Pour commencer, choisir une rubrique

Bioéthique : enjeux encourus pour la transmission de la vie
Article mis en ligne le 22 juin 2009
dernière modification le 5 février 2013
logo imprimer
Enregistrer au format PDF

Les Nantais du diocèse auront eu l’opportunité et le privilège de pouvoir apprécier différents points de vue sur les prochains états généraux de la bioéthique programmés fin juin. Après une rencontre avec des personnalités ecclésiales et un aperçu philosophique et historique, c’est au tour de l’engagement politique que le public a été convié à réfléchir avec l’association Alliance pour la vie qui a entamé depuis le 11 mai un tour de France. Pour mener à bien cette réflexion autour de la future considération portée sur l’embryon ainsi que sur les techniques d’aide à la fécondité, l’association s’est fixée quatre axes majeurs inscrits dans un appel prochainement adressé au chef de l’État : la préservation du sens de la maternité qui est d’accueillir la vie, l’arrêt de la course au bébé « zéro défaut », donner la priorité au droit de l’enfant sur le droit à l’enfant et le soutien aux recherches scientifiques respectant l’embryon humain.

Unis pour agir

Lundi 25 mai, dans une des salles de la Cité des congrès de Nantes, près de 500 personnes se sont déplacées pour venir écouter le témoignage des intervenants. Ponctuée par des reportages vidéos et par un éclairage « technique » proposés par des praticiens ouvrant ensuite sur un débat, la soirée a permis d’aborder trois grands thèmes inhérents à la bioéthique : l’assistance médicale pour la procréation, le dépistage des anomalies du fœtus et la recherche sur l’embryon. Et c’est sur ce dernier sujet que le président, le docteur Xavier Mirabel a souhaité engager la réflexion. Celui-ci s’est appliqué à démontrer les raisons pour lesquelles l’embryon suscitait tant de convoitise et souligné les incidences liées à cet intérêt : « C’est avant tout pour les cellules souches qu’il attire. Grâce à elles, on pense pouvoir soigner des maladies devant lesquelles la médecine est aujourd’hui tenue en échec. Mais, si la recherche peut être légitimée, doit-elle pour autant avoir des limites ? Nous croyons que c’est le respect de la personne humaine qui doit définir cette limite. Cette recherche peut d’ailleurs être réalisée par un autre mode en utilisant le sang contenu dans le cordon ombilical. Si de grandes nations s’engagent dans cette voix respectueuse de l’embryon, qui est le début d’une histoire humaine, la France prend actuellement du retard ». Poursuivant le développement de ses idées, le médecin a également décliné ses attentes : « Comme en 1994, nous souhaitons un moratoire sur la question. Si aujourd’hui la Grande-Bretagne fait preuve d’un libéralisme total, nous ne pouvons faire l’économie d’une réflexion portant sur la compréhension de l’embryon ».

Assistance et réalisme

Abordant le thème de l’assistance à la procréation, les intervenants ont souhaité mettre en lumière les conséquences inédites que provoquent les nouvelles techniques médicales tant au niveau humain, juridique qu’économique. Caroline Roux, secrétaire générale, a rappelé l’incontournable réalité selon laquelle, « Il faut toujours un père et une mère pour donner la vie » tout en reconnaissant « l’importance à porter attention sur les demandes des couples ». Des couples bien souvent contraints d’aborder une réalité pour laquelle ils ne sont pas préparés, comme l’a expliqué Xavier Mirabel : « Aujourd’hui, la médecine dispose d’un Panel important de moyens. Les couples sont parfois embarqués sur des chemins qu’ils n’auraient pas souhaités. 238.000 embryons sont conçus in vitro pour 14.000 naissances (soit 1 naissance pour 17 conceptions). Si vous considérez qu’un embryon c’est un frère ou une sœur potentielle, il y a alors 17 sacrifiés pour une vie. Autre cas, celui des mères porteuses. Pour la première fois, l’enfant à naître fait l’objet d’un contrat. Il fait parfois une centaine de pages. La mère porteuse doit vivre selon tels où tels critères. En cas de problème, des dispositions légales sont imaginées. Mais, si l’on réfléchit bien tout ceci porte un nom, cela s’appelle de l’esclavage. Il faut donc vraiment s’interroger et mettre les choses à plat ».
Dans une société où le handicap fait figure d’échec sur la maîtrise de la vie, les praticiens n’ont pas toujours la vie facile tant l’exigence de réussite pèse sur leurs épaules. Ce constat permet de comprendre l’itinéraire de bon nombre d’entre eux qui usent de toutes les techniques pour satisfaire une attente légitime. Loin de nier le désir la joie de transmettre la vie, les responsables ont ainsi évoqué les multiples facettes de la fécondité d’un couple.

DPN et DPI

Troisième volet de la soirée, le dépistage des anomalies du foetus a été l’occasion de toucher du doigt les limites d’un système scientifique. La France, championne du monde de la catégorie par le nombre des échographies et des tests prénataux, s’oriente vers un horizon des plus dangereux selon les responsables d’Alliance pour la vie. Ces derniers déplorent la recherche absolue du moindre défaut pouvant justifier une IVG. Xavier Mirabel dresse un bilan de la situation : « Au rythme où vont les découvertes scientifiques, nous savons qu’il sera possible de lire la carte génétique d’un enfant dans le ventre de sa mère. De grands progrès sont faits dans la compréhension des gênes. Il sera alors envisageable de déceler la présence de gênes source de maladies. Mais à ce rythme-là, si l’on devait aujourd’hui se soumettre à de tels tests excluant l’être humain frappé par la moindre anomalie, laquelle peut, soit dit en passant, aisément disparaître au cours de la grossesse ou après, aucun d’entre nous passerions le filtre ».

Pour accompagner les propos sur le sujet, l’assistance a pu découvrir deux films vidéos relatant le parcours de familles marquées par l’appréciation d’un corps médical soucieux de ne prendre aucun risque. Le premier mit en scène Philippine, 9 ans, ayant un lourd handicap. Le témoigna maternel a permis au public de cerner au-delà des difficultés du quotidien, la dignité de toutes vies humaines. Une dignité cachée qui échappe au rationalisme scientifique mais dont le rayonnement, bien réel, ne peut se percevoir que sous la lumière regard de l’amour. Le second film a retracé la grossesse d’une maman à qui les médecins avaient préconisé supprimer l’un des jumeaux sous prétexte qu’il présentait une malformation. Deux années après, deux petites filles poursuivent une vie heure au sein de leur famille. Le diagnostique s’est tout simplement révélé faux : Mais il faut reconnaître, appuie Xavier Mirabel, que ce genre de situation reste très rare ». Les responsables ne jettent en rien la pierre aux patriciens. Ils regrettent plutôt l’évolution portée sur la personne ayant un handicap. « Le risque de l’arrêt Perruche n’est pas loin », note Xavier Mirabel. Résumant les situations et les risques, président s’est attelé à souligné quel était le dénominateur commun à cette recherche de maîtrise d vie humaine : « Tout est motivé par la souffrance. À cause d’elle, on est à tout transgresser. C’est vrai que la souffrance reste un scandale et il faut la combattre. Mais attention à ne pas vouloir supprimer le souffrant pour qu’il ne souffre plus. On le voit bien avec les examens prénataux mais aussi avec l’euthanasie ». Venant conforter ce point de vue, Sophie, maman de Philippine déclara, non sans émotion, reconnaître la diminution de la souffrance sous l’effet de l’amour. Un point de vue repris de concert par Xavier Mirabel qui ajouta : « Le plus terrible, c’est d’être seul dans la souffrance. Mais portée à plusieurs, elle devient plus légère. »

Vincent Gautier (page C de « L’écho de l’ouest » du 29 mai 2009)

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Retour aux autres articles


Forum
Répondre à cet article


puceArchives puceEspace rédacteurs puce



2008-2017 © Paroisse Ste Marie en Plaine et Marais - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.22