Paroisse Ste Marie en Plaine et Marais
Slogan du site

Pour commencer, choisir une rubrique

Chrétien, donne ton secret à qui cherche une espérance !
Article mis en ligne le 6 septembre 2010
dernière modification le 5 février 2013
logo imprimer
Enregistrer au format PDF

Hebdomaire "LA VIE" du 2 septembre 2010 N° 3392

DE L’ESPRIT DES FRÈRES (de Tibhirine)
QUE FAISONS-NOUS ?

PAR CHRISTOPHE ROUCOU, DIRECTEUR DU SERVICE POUR LES RELATIONS AVEC L’ISLAM, CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE

Combien de fois Christian de Chergé et ses frères ont-ils répété que le plus important à leurs yeux était la vie et les soucis partagés au quotidien avec leurs voisins ? Jour après jour, les frères et les villageois de Tibhirine ont noué des relations d’où est née leur fraternité.

Le partage du quotidien, à l’origine de la fraternité

Le premier enseignement des moi­nes de Tibhirine, la fraternité, n’est pas d’abord un slogan, mais repré­sente des occasions de vivre ensem­ble au quotidien, à saisir, à tisser et à nouer. Mais, demain, cela sera-t-il encore possible, si chrétiens et musul­mans n’habitent plus côte à côte dans les mêmes quartiers ?

La recherche patiente et obstinée du dialogue

Entre la fondation de Notre-Dame­ de-l’Atlas, en 1934, et l’assassinat des frères, en 1996, bien des événements se sont succédé. Mais des moines ont choisi de continuer à être là pour le service des populations et la prière devant Dieu. Pas à pas, les frères ont pris en compte la dimension reli­gieuse de ce peuple. Pour cela, il a fallu des années et une diversité d’in­terlocuteurs. Christian de Chergé en rend ainsi compte : « Le dialogue est le fruit d’un long "vivre ensemble", et de soucis partagés, parfois très concrets... Dialogue existentiel, c’est-à-dire à la fois du manuel et du spirituel, du quo­tidien et de l’éternel. »
Cette patience et cette persévérance vécues à Tibhirine par les frères et par leurs amis musulmans, nous en avons besoin, ici, pour vivre rencon­tres et dialogue. Des siècles de malen­tendus, de préjugés, justifiés parfois par la théologie, nous marquent. Nous ne passerons pas du jour au lendemain de la,peur à la rencontre, de la méfiance à la confiance et au regard qui sait voir ce que l’autre porte aussi de bon ou de-beau. Le dialogue islamo-chrétien passe par des échecs, des obstacles, et des moments de grâce. Être des obstinés du dialogue, telle est peut-être la deuxième leçon à retenir et à mettre en pratique.

Le désir d’entrer en amitié avec l’autre

Les frères de, Tibhirine font partie de cette lignée de chrétiens qui esti­ment que le meilleur de ce qu’ils ont à vivre, là où l’Esprit les a appelés, c’est l’amitié. Une amitié comme celle que le Christ tisse avec ses dis­ciples : « Je ne vous appelle plus servi­teurs mais amis » (Jean 15,15). « Les musulmans savent bien que, pour nous, Dieu est amour (..). Aux chré­tiens de montrer que cet amour doit être vécu en esprit et vérité ( ..). Ce qui fait l’âme du dialogue, c’est l’amitié », disait le cardinal Duval, archevêque d’Alger de 1954 à 1988.
Parler d’amitié et d’amour, c’est, du même coup, rappeler que le dialogue interreligieux ne se fait pas entre systèmes ou traditions religieuses mais de croyants à croyants, de per­sonnes à personnes. C’est le troi­sième message de Tibhirine : le dia­logue ne progressera, dans notre pays et ailleurs, que si ce désir d’en­trer en amitié avec l’autre est par­tagé de part et d’autre au nom de la foi en Dieu.

Une attitude d’humilité et d’écoute

Comment entrer en dialogue ? Les frères de Tibhirine nous livrent deux attitudes à adopter : l’écoute et l’hu­milité. La règle de saint Benoît com­mence par « Écoute », comme le Deu­téronome. Ils s’étaient mis à l’écoute des populations, puis de leur prière et du Livre qui inspirait leur foi, convaincus que l’Esprit de Dieu ne pouvait pas leur être étranger. Cette écoute suppose l’humilité : « Conve­nir ensemble que Dieu nous appelle à l’humilité, c’est renoncer logiquement à se prétendre meilleurs ou supé­rieurs », rappelait Christian de Chergé lors du Ribàt es-Salam (Lien de la paix) de 1989, qui avait pour thème « Appelés à l’humilité ».
Pour des croyants, cette attitude ne peut se fonder et se refondes que sur la prière qui rythmait la vie des moines et de leurs amis ; chacun la pratique selon sa tradition. Alors peut venir le moment où nous sommes mutuelle­ment témoins de la prière des autres. Et peut-être un jour pouvons-nous être ensemble pour prier Dieu. Le dialogue islamo-chrétien ne sera fécond - et c’est le quatrième message de Tibhi­rine -, que si ses acteurs le portent devant Dieu, dans la prière.
musulmans. Ils ont fait alors l’expé­rience que, dans le dialogue interreli­gieux pratiqué en vérité, la rencontre et le dialogue n’éloignent pas de la foi au Christ mais, bien au contraire, reconduisent au coeur même du mys­tère de Dieu : à savoir que Dieu est amour et que tout homme qui aime est né de Dieu et connaît Dieu (1 Jean 4, 7). Aimer, jusqu’à donner sa vie pour ceux que l’on aime, à la suite du Christ, d’un amour gratuit : voilà le cinquième rappel que nous adres­sent les martyrs de l’Atlas.
Benoît XVI écrit dans son encyclique Dieu est amour : « La charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme. L’amour est gratuit. Il n’est pas utilisé
pour parvenir à d’autres fins. (..) Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que l’amour Il sait que Dieu est amour (cf 1 Jean 4, 8) et qu’Il se rend présent précisément dans les moments où rien d’autre n’est fait sinon qu’aimer »
De ce que nos frères de Tibhirine ont vécu et écrit, les chrétiens qui vivent au quotidien en France avec des croyants en Dieu dans la tradi­tion de l’islam, et, plus largement, l’Église catholique dans son ensem­ble, ont beaucoup à recevoir. Ils nous indiquent la source, l’enjeu et les exigences du dialogue entre chré­tiens et musulmans pour aujour­d’hui et demain. •

Un amour au cœur même du mystère de Dieu

En se mettant à l’écoute de la foi de leurs voisins, les moines de Notre-Dame-de-l’Atlas ont appris à découvrir la spiritualité de croyants musulmans. Ils ont fait alors l’expé­rience que, dans le dialogue interreli­gieux pratiqué en vérité, la rencontre et le dialogue n’éloignent pas de la foi au Christ mais, bien au contraire, reconduisent au cœur même du mys­tère de Dieu : à savoir que Dieu est amour et que tout homme qui aime est né de Dieu et connaît Dieu (1 Jean 4, 7). Aimer, jusqu’à donner sa vie pour ceux que l’on aime, à la suite du Christ, d’un amour gratuit voilà le cinquième rappel que nous adres­sent les martyrs de l’Atlas.
Benoît XVI écrit dans son encyclique Dieu est amour : « La charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme. L’amour est gratuit. Il n’est pas utilisé
pour parvenir à d’autres fins. (..) Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que l’amour. Il sait que Dieu est amour (cf 1 Jean 4, 8) et qu’Il se rend présent précisément dans les moments où rien d’autre n’est fait sinon qu’aimer »

De ce que nos frères de Tibhirine ont vécu et écrit, les chrétiens qui vivent au quotidien en France avec des croyants en Dieu dans la tradi­tion de l’islam, et, plus largement, l’Église catholique dans son ensem­ble, ont beaucoup à recevoir. Ils nous indiquent la source, l’enjeu et les exigences du dialogue entre chré­tiens et musulmans aujourd’hui et demain.

Retour aux Textes pour prier


Forum
Répondre à cet article


puceArchives puceEspace rédacteurs puce



2008-2017 © Paroisse Ste Marie en Plaine et Marais - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.22