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Des jeunes veulent retrouver le sens profond du mariage
L’Eglise Catholique s’ouvre à la diversité des demandes.
Article mis en ligne le 1er juillet 2010
dernière modification le 15 octobre 2013
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Depuis plusieurs années, Cap Mariage s’attache à revaloriser le mariage civil et à assurer une préparation humaine à la vie de couple, pour aider les mariés à tenir leur engagement

Pourquoi avoir créé ce col­lectif ?

CHANTAL ET ANTOINE D’AUDIFFRET :
_ On a été interpellés tous les deux par une émission de Radio Notre-Dame sur la prépara­tion au mariage religieux. On s’est dit que ceux qui ne se mariaient que civilement — c’est le cas des trois quarts d’entre eux — n’avaient rien : on expédie souvent la cérémonie en dix minutes en leur lisant à toute allure les articles du code civil qu’ils ne comprennent pas toujours. Or, en prenant simplement le temps de lire ces articles du code civil, on peut parler du respect, de la fidélité, du devoir d’assistance, du partage des tâches, de l’autorité parentale, et donc de l’éducation des enfants et aider les futurs mariés à voir ce qu’ils mettent derrière ces mots-là.

Concrètement, on leur propose donc deux réunions : l’une à la mairie, en présence d’un élu qui leur explique les articles du code civil et d’un notaire qui leur parle des as­pects plus matériels du contrat de mariage ; l’autre plus personnalisée, où on répond aux questions qu’ils se posent.

Les couples qui décident de se marier ont une attente très forte de ce côté-là ?
Oui. Ils veulent faire la fête avec leurs amis. Mais ils espèrent aussi que le cadre du mariage va permet­tre à leur couple de s’épanouir et de durer. Ils ont tous cette attente au fond d’eux-mêmes ; ils veulent dire publiquement leur amour devant leur famille, leurs amis, dire qu’ils vont s’aimer le plus longtemps possible. On reçoit ainsi parfois des couples déjà passés, qui disent qu’ils ont passé ce contrat pour des raisons pratiques ou juridiques, ou en guise de fiançailles, ou comme une sorte de CDD de l’amour, alors qu’en se mariant, ils ont vraiment le sentiment de s’engager pour un CDI.
Ils savent qu’un pacs peut se révoquer facilement, alors que le mariage protégera le plus fai­ble, apportera de la sécurité aux enfants. Ils ont, en se mariant, le désir de sauter un pas, de se lancer vraiment dans l’aventure de la vie à deux. Ils sont donc déçus quand la cérémonie est trop administrative ou expédiée.

Vous essayez de revaloriser cette cérémonie...
On essaie de travailler avec les couples et les maires pour que la cérémonie soit davantage per­sonnalisée, que le couple puisse se la réapproprier : ils peuvent par exemple expliquer leur projet, dire pourquoi ils ont décidé de se marier.
Ce qu’on voudrait éviter aussi, ce sont les simulacres de mariage, ces demandes de cérémonie en dehors de la mairie qu’on voit apparaître, et qui correspondent à un besoin de rites un peu extraordinaires autour du sentiment amoureux. Les cou­ples veulent retrouver le sens pro­fond et très sacré du mariage, même civil. Ce qui n’empêche pas que ceux qui veulent avoir un engagement devant Dieu travaillent aussi sur le sacrement du mariage. Mais il s’agit d’une autre dimension.

Vous voulez aussi revaloriser le rôle des témoins...
Ils ont de plus en plus d’impor­tance. Comme les couples se ma­rient à un âge de plus en plus tardif, ils ont souvent des bandes de co­pains ; et quand un couple se noue parmi eux, c’est un événement. Ils participent aux enterrements de vie de garçon ou de jeune fille... Ils organisent souvent des « dîners de témoins » ; c’est aussi nouveau. On leur dit alors : puisque vos témoins ont un rôle important pour vous, que vous les avez choisis parmi vos amis, quand ils sentiront que votre couple va moins bien, il faut qu’ils puissent vous le dire. Si vous ne leur avez pas dit explicitement avant « on compte sur vous pour ça », c’est difficile de le dire après. On les encourage donc à leur dire : « On ne vous a pas choisis pour rien : vous êtes les témoins de cet engagement, n’hésitez donc pas à nous dire quand vous sentirez que ça va moins bien, pour nous inciter à bouger. »

Avez-vous le sentiment d’être entendus ?
Depuis janvier 2010, deux mai­ries (à Arras et à Meudon) invitent systématiquement les couples à venir parler du déroulement de la cérémonie. Notre rêve est que tou­tes les mairies de France le fassent en s’appuyant sur les associations locales pour parler des enjeux de la vie de couple, afin qu’ils puis­sent durer. Le couple est l’un des maillons faibles de notre société. Or une société équilibrée ne peut pas vivre sans couples stables. Il y a donc une responsabilité des pouvoirs publics, au lieu de soigner seulement les ruptures familiales, de donner aux couples les outils pour les aider à tenir.

RECUEILLI PAR CHRISTINE LEGRAND

(1) Ce collectif d’associations, créé à Bordeaux en 1998, a pour objet de valoriser le mariage civil. Il regroupe aujourd’hui une dizaine d’associations et antennes.
À LIRE ÉGALEMENT, Le Guide du ma­riage civil et L’Art de la vie à deux, Éd. de l’Atelier.

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L’EGLISE CATHOLIQUE S’OUVRE À LA DIVERSITÉ DES DEMANDES

L’Église catholique doit s’adapter à la réalité écclésiale qui s’impose à elle depuis des années

Un peu moins d’un tiers des couples aujourd’hui se marie àl’église. EtIeurs motivations sont souvent très différentes, comme l’explique le P. Jean-Luc Ragonneau, conseiller spirituel de la fédération des CPM (Centres de Préparation au Mariage). « On a d’un côté, dit-il, ceux qui sont dans le sérail, très in­vestis dans la vie ecclésiale, pour qui le sacrement donne son sens à leur mariage, et auprès desquels j’insiste pour dire que le mariage civil est également important. Et de l’autre, ceux qui appartiennent à l’église du seuil, ou du trottoir d’en face, voire du terrain vague du fond. »

Certains savent ce qu’est le sa­crement du mariage, d’autres ne savent pas vraiment. L’un peut être pratiquant, l’autre pas baptisé. Cer­tains veulent se marier « à l’église », d’autres « dans une église ». Et la plu­part ont déjà eu une vie commune et, dans un tiers environ des cas, des enfants.

« C’est une réalité ecclésiale qui s’impose à nous », souligne le P. Ra­gonneau. « Et si l’on ne mariait que ceux qui n’ont jamais vécu ensemble, les églises seraient vides le samedi après-midi ! »

« On les accueille tous sans distinc­tion, confirme Claude Schneider, président national des CPM, avec un souci d’écoute, de rencontre, pour les aider à découvrir ce qu’est le mariage, apporter des éclairages sur le sacre­ment, mais aussi sur la vie de couple de tous les jours. Car, à quoi rime de poser un sacrement sur quelque chose qui n’est pas incarné. »

La démarche de ces couples correspond néanmoins à une « recherche de sens » et à la volonté de donner un caractère solennel et sacré à leur engagement. « Pour beaucoup, le manage religieux ap­paraît un peu comme la cerise sur le gâteau », résume le P. Jean-Luc Ragonneau. « Et c’est pour nous du pain béni, car ils n’arrivent pas en disant « nous savons », mais « nous cherchons ». Ils veulent qu’il y ait quelque chose de plus dans leur mariage que notre parole humaine ; et nous essayons de nommer ce quel­que chose de plus. »

Cette diversité des démarches va donner des colorations différentes aux célébrations, que les couples cherchent de plus en plus « per­sonnaliser », à travers des choix de musiques ou de lectures parfois surprenants, ou en introduisant de nouveaux petits gestes : offrir du sel ou un cierge pascal à l’autre quand il n’est pas baptisé ; et quand le couple a un enfant, lui deman­der d’apporter les alliances à ses parents... « L’important, estime le P. Ragonneau, est de garder le fond et le caractère spirituel de la célébration. »
C.L.

Site des CPM :
www.preparafion-marriage.info


REPERES :

Le nombre de mariages continue de décliner

En 2009, 256 000 mariages ont été célébrés en France,dont 250000 en France métropolitaine. Contre 393700 en 1970, 297900 en l’an 2000.

Après deux ans de stabilité en 2006-2007, le nombre de mariages continue sa baisse en 2009 avec 3,5 % de moins qu’en 2008.

La proportion de mariages célébrés à l’église diminue, elle aussi : elle était en 2007 estimée à 30 %, contre 46 % en 1986 et 78 % en 1965.

Dans 15 % des mariages célébrés selon le rite catholique, l’un des conjoints n’est pas de cette confession.
- L’âge au mariage, depuis 1990, a progressé en moyenne d’un an tous les six ans, pour l’homme comme pour la femme,
le même écart subsistant entre les deux : les hommes se marient aujourd’hui en moyenne à 31,6 ans et les femmes à 29,7 ans.

Le nombre de pacs (147000 en 2008) représente un peu moins de la moitié de celui des mariages.

Plus de 90 % des couples cohabitent avant leur mariage. Dans trois mariages sur dix, le couple a déjà au moins un enfant.

Selon le site Mon-mariage.com, le budget consacré aux mariages serait plutôt en hausse. Un mariage avec une centaine d’invités coûterait entre 10 000 et 15 000 €

Articles de "La Croix" du mercredi 30 juin 2010 P. 23-24-25

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