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En souvenir de Joe Patate
Article mis en ligne le 4 juin 2015

par Cl Arrignon
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En souvenir de Joe Patate

Il était gros, il était énorme. Il allait et venait sur l’estrade, laquelle geignait sous son poids, et il soufflait comme un phoque… entre 20h et 22 heures ; c’était précisément l’horaire où ce professeur donnait son cours universitaire, un cours du soir ! Passée la première heure, il n’avait plus grand-chose à dire. Un soir, le malheureux eut la malencontreuse idée, donnant un exemple pour illustrer l’un de ses propos, de commencer ainsi : « Prenez le cas de Joe Patate … » Le mal était fait. Sans s’en rendre compte, il venait de changer d’identité. Désormais ses élèves ne l’appelleraient plus que Joe Patate.

Quelques-uns parmi eux achevaient leurs études et n’avaient nulle envie de perdre leur temps dans ce cours soporifique. Vous l’avez compris : Joe Patate n’était pas un pédagogue. En revanche, il était évident qu’il connaissait parfaitement la matière qu’il enseignait, et ce, pour la pratiquer lui-même. Ils se mirent donc à le presser de questions. Ce cours devint vite l’un des plus intéressants et Joe Patate, le premier, y prit plaisir. En outre, ses élèves découvrirent très vite que l’homme était aussi serviable : il prodiguait volontiers ses conseils et ses « tuyaux » à ceux qui préparaient leur entrée dans le monde professionnel. Ajoutons que si physiquement le personnage était épais, il était tout autant fin d’esprit et sans doute aurait-il souri d’avoir lui-même tendu le cou pour se voir couronner de ce surnom de Joe Patate.

Non bien sûr, Joe Patate, n’était pas Dieu le Père. Mais si nous avions autant de considération pour Notre Père que ses élèves en eurent pour Joe Patate, ce ne serait déjà pas si mal. Si nous osions le presser de nos questions, il aurait répondu mille fois. Mais encore faut-il oser. Peut-être bien que nous avons trop peur que ça marche. Entrer dans ce dialogue, c’est se relier (et pas seulement se connecter). Qui dit se relier, dit se lier. La prière de demande comme de merci crée un lien de liberté, nous apprenons ainsi à connaître Dieu et en retour sous son regard nous nous découvrons nous-mêmes.

Claude Arrignon


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