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Evolutions des conceptions de l’amour et du mariage
Article mis en ligne le 14 mai 2010
dernière modification le 5 février 2013
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Il n’est pas de culture qui, autant que la nôtre, ait valorisé l’amour et la nébuleuse de significations qui gravitent autour de ce terme. Il y a eu, bien sûr, au XIX siècle le romantisme, au XII l’amour courtois, dans l’antiquité la poésie lyrique et, sous tous les cieux, les amou­reux. Mais les courants littéraires en question ne concernaient qu’une petite partie de la population ; ils n’exprimaient pas (encore) les aspirations de l’ensemble et n’étaient pas relayés, multipliés, standardisés par les médias de masse.

Oui, les amoureux ont toujours existé, mais ils n’incarnaient pas un modèle normatif ; Éros avait transpercé leurs cœurs des flèches de la passion, mais cette dernière demeurait une folie, un écart, une menace, souvent comptée au nombre des maladies. Sur elle ne reposaient ni le mariage, ni l’échelle des valeurs éthiques, ni même la légitimation des conduites sexuelles. Elle n’était pas considérée comme le fondement principal des liens entre les personnes, et, moins encore, de la famille.
L’affectivité était seconde par rapport à l’institution, au devoir et aux liens sociaux. Ce n’était pas d’elle que les sujets attendaient la finalité de leur exis­tence. La vie conjugale, y compris chez les couples heureux (qui existaient !), avait bien d’autres objectifs que l’amour ; le lien y trou­vait bien d’autres ancrages : une bonne terre à cultiver, une boutique à « faire tourner », une maisonnée à faire vivre, une lignée à prolon­ger, la patrie et l’Église à servir en leur donnant de nouveaux fils et filles. Les institutions comptant autant, sinon plus, que les senti­ments, la subjectivité tenait une moins grande place.

Longtemps le mariage a trouvé sa justification dans des fonctions sociales : légitimer la procréation, donner un statut à la femme, garantir la liberté des jeunes gens vis-à-vis de leurs parents, assurer la reconnaissance sociale de l’union, constituer une unité économique de production. Toutes ces fonctions semblent aujourd’hui faculta­tives en ce sens que, au moins partiellement, elles peuvent être rem­plies hors du mariage. Voici donc ce dernier investi de finalités essentiellement et presque exclusivement affectives. Mais l’amour peut-il être le seul fondement du couple et, a fortiori, de la famille ? Le seul support de la durée ? Peut-il être à la fois énergie, fondement et finalité des liens ? Une raison suffisante pour en douter pourrait être le paradoxe suivant : jamais une culture n’a autant valorisé l’amour que la nôtre, et jamais le nombre de solitaires n’a été aussi grand. Alors qu’il n’a jamais autant reposé sur l’amour, le lien conjugal a rarement été aussi précaire. C’est au détriment du lien que le couple est valorisé. L’hypertrophie du subjectif traduit moins un renforcement du pôle sujet qu’un affaiblissement des références objectives.

Trop d’attentes vis-à-vis de l’amour tue l’amour ou, du moins, accentue sa fragilité, et cela de deux manières : d’une part seront mal acceptées les désillusions consécutives à une telle inflation des demandes ; d’autre part, les ressources du sentiment seront bien faibles pour faire face aux inéluctables difficultés, obstacles et conflits qui ne manqueront pas de surgir.

Xavier Lacroix , dans son livre : "Les mirages de l’amour" édition Bayard Théologie P. 15 et 16


La manière de vivre le célibat ( consacré ou ) a été marquée par les mêmes changements qui ont révolutionné les mentalités face à l’affectivité, la sexualité, l’amour....

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