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Les ouvriers de la onzième heure
Article mis en ligne le 21 septembre 2008
dernière modification le 17 novembre 2008
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LES OUVRIERS DE LA ONZIEME HEURE

Nous arrivons à la période des vendanges dans certaines régions de France…Il y a la saison des melons dans d’autres, la saison des pommes… ou encore nous avons connu les activités estivales en Vendée : des saisonniers arrivent d’un peu partout pour se faire embaucher quelques semaines. C’est le décor de la Parabole de Jésus. Un propriétaire embauche à la journée des ouvriers. Il se présente sur la place publique, aux différentes heures du jour.

Voilà tout de même une parabole surprenante, et nous sommes tentés d’être aux côtés des ouvriers de la première heure pour protester au nom de la justice, contre un patron qui en prend à son aise avec les salaires… Au strict plan économique et social, cette parabole est sans doute contestable : aucune entreprise ne tiendrait le coup à payer le même salaire aux ouvriers de la dernière heure et à ceux qui ont supporté « les poids du jour et de la chaleur ». Mais n’oublions pas que c’est une parabole, c’est à dire une histoire inventée par Jésus pour faire passer un message. Ce qui est alors essentiel c’est de décrypter le message que Jésus a voulu nous donner : La parabole de Jésus se situe sur un plan qui n’est ni économique ni social, même si Jésus parle en terme d’ouvriers, de salaire, de travail. Jésus ne se désintéresse pas pour autant des rapports de société, il le dira à d’autres moments de manière très ferme…. Et la justice sociale doit bien être considérée par les chrétiens comme l’exigence minimum sans laquelle il n’est pas possible de parler de vie fraternelle éclairée par l’amour.. Mais le plan sur lequel Jésus se place dans cette parabole, c’est celui du rapport d’Amour de Dieu avec chaque homme et chaque femme de toute humanité…un Amour tout à fait gratuit et sans aucune limite ; et comme à chaque fois que Jésus parle, il cherche à frapper notre esprit, pour nous signifier la force de sa parole.

Le Maître du domaine, c’est Dieu, bien sûr. Il se montre beaucoup plus un « Père » qu’un « Patron ». Sa générosité, c’est celle d’un Père qui ne calcule pas son amour pour chacun(e)…. qui traite avec une égale générosité tous ses enfants. Avec Dieu, il n’y a pas d’oubliés, ni d’hommes ou de femmes aimés à moitié, même s’ils n’ont pas trouvé toute leur place dans la société. Pour les Pharisiens qui écoutent cette parabole, ces ouvriers qui n’ont pas beaucoup travaillé sans que ce soit de leur faute et qui viennent juste à temps pour toucher le salaire du temps complet, ce sont ces publicains et ces pécheurs, ces gens sans mérite, que Jésus a toujours traités de façon privilégiée. Il a déclaré que c’était pour eux qu’il était venu et ils sont les premiers à entrer dans le Royaume. Oui les gens qui sont méprisés humainement, ceux que nous considérons comme des pauvres types, ceux auxquels nous attribuons peu de place dans notre monde, tous ces ouvriers de la onzième heure, tous ceux qui sont marginalisés d’une manière ou d’une autre, Dieu les aime de la même manière que tous ceux qui semblent réussir dans la vie…car pour Dieu, c’est quoi réussir sa vie ? Ces ouvriers de la onzième heures sont peut-être nos proches, ou nous-mêmes. Il est extraordinaire cet amour de Dieu pour chacun(e) de nous ! Un Amour qui bouscule tous nos critères de référence, à nous qui n’avons qu’une vision partielle de la Vraie Vie de Dieu. Cela change notre système de valeurs pour apprécier la vie de l’autre. Toutes nos échelles de valeurs sont renversées. Cette parabole nous invite à transformer notre regard sur chaque personne qui nous est donnée au quotidien. Dieu aime tout homme…. Mais pas comme nous, nous l’aimons. Pour Dieu aucune vie n’est ratée : chaque être humain est unique pour Dieu.

Ce qui est en question, aussi, dans cette histoire, c’est que l’amour de Dieu ne se mérite pas en accumulant les bonnes actions ou en se considérant comme les ouvriers de la première heure. Jésus manifeste très fort que l’amour de Dieu est totalement gratuit. Les ouvriers de la onzième heure ne s’attendaient pas à être embauchés, et en plus quelle ne fut pas leur surprise quand le maître du domaine leur remit le salaire d’une journée entière. Des hommes étonnés, voilà les citoyens du Royaume de Dieu… Des étonnés de l’Amour de Dieu ! Pourquoi nous aime-t-il jusqu’à nous pardonner sans cesse, jusqu’à continuer à nous inviter dans une perpétuelle onzième heure malgré nos péchés et nos trahisons ; il continue, par delà nos péchés, à nous envoyer à sa vigne, dans nos quartiers, nos communes, nos villages, nos écoles, nos foyers, nos familles, nos associations… Il compte sur nous… il nous fait confiance : « Viens travailler à ma vigne ! »

Jésus a voulu provoquer les pharisiens qui se croyaient être les meilleurs, ceux qui se croyaient avoir « bon cœur ». Mais il nous dit très fort aujourd’hui que tout homme et toute femme, quelque soit sa situation humaine, sociale, matrimoniale, oui toute personne a une place unique dans le cœur de Dieu, une place qui ne se mérite pas à coup de bonnes actions.
Qui que nous soyons, Dieu nous embauche pour témoigner de son Amour…il ne fait pas état de notre situation humaine terrestre…il nous fait confiance à chacun(e) : « Viens travailler à ma vigne, toi aussi tu as quelque chose à donner »…. Et Dieu saura nous reconnaître …lorsque nous répondrons selon nos possibilités…

Louis Morandeau


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