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Les scribes, les pharisiens, Jésus et la femme adultère
Article mis en ligne le 21 mars 2010
dernière modification le 27 mars 2010
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LA FEMME ADULTERE (Saint Jean 8, 1-11)

Voici une femme prise en flagrant délit d’adultère. Aux yeux des scribes et des pharisiens, il n’y a pas de pardon possible. Cette femme n’a pas d’avenir : condamnée à mort, marginalisée, méprisée. La Loi s’impose à elle : l’exécution à coup de pierres. Les scribes et les pharisiens : ce sont des experts ; ils connaissent la Loi et ils l’appliquent. Combien de fois avons nous nous aussi, enfermé l’autre de telle manière qu’il ne puisse pas s’en sortir ?

Et puis, les scribes et les pharisiens ne se contentent pas de condamner la femme adultère, il voudraient bien aussi « piéger » Jésus : Si celui-ci laisse lapider la femme, il ne restera rien de sa réputation d’accueil aux pécheurs et aux exclus… et s’il se prononce contre la sanction il apparaîtra alors qu’il n’est pas fidèle à Moïse, et on pourra le mettre en accusation. Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de vouloir « piéger » ceux avec lesquels nous ne sommes pas d’accord ?

La femme et Jésus lui-même sont tous les deux prisonniers des hommes… Tous les deux n’ont aucun avenir, selon les lois humaines. Mais regardez comment Jésus va briser ces chaînes de la mort, pour cette femme et pour lui.

Jésus reste silencieux…. Il se baisse… et trace des traits sur le sol…. Qu’est-il est train d’écrire ? peu importe : ce qui compte, c’est son attitude. Il ne fuit pas la situation, mais il l’assure de sa présence par son silence. Le poids de ce silence et la petite phrase qui va suivre vont faire basculer toute la suite de l’histoire : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre ! ». Et pendant que Jésus griffonne à nouveau par terre, un profond silence s’installe, pendant lequel tous sont renvoyés à eux-mêmes et vont se découvrir du côté du péché, solidaires de la faiblesse humaine. Jésus a renvoyé chacun face à sa situation : ceux qui condamnent méritent autant d’être condamnés. Aussi, une simple parole va redonner vie à cette femme vouée à la mort : « je ne te condamne pas ». Un pardon n’efface jamais un acte mauvais, mais il rejoint toujours une personne ; l’acte mauvais pour lequel justice doit être faite, appartient au passé, on ne peut rien sur lui, il sera toujours un acte mauvais…il est impossible de passer l’éponge dessus… ; mais c’est à la personne qui a posé cet acte, que l’on donne notre amour par dessus sa faute (par-donner) : c’est bien la personne qui est pardonnée et non pas la faute. Il faut beaucoup de temps, beaucoup de silence et d’écoute, et un regard renouvelé pour permettre à une personne de repartir. Aucune situation n’est désespérée. Et puis, surtout, Jésus ne va rien faire à la place de cette femme, il va seulement avoir pour elle un regard de respect, et aussi lui signifier beaucoup de confiance : « désormais ne pèche plus. »…. Son péché, aussi grave soit-il, n’a pas le dernier mot de la vie.

L’autre…. les autres… sont continuellement devant moi, comme l’était autrefois la femme devant Jésus. Et remarquez : on ne dit pas le nom de cette femme...elle est dépersonnalisée : elle a le nom de son péché : « la femme adultère ». Les scribes et les pharisiens ont confondu son humanité avec sa faute. Mon regard sur ce que les autres vivent, sur ce qu’ils sont, est-il un regard de respect, un regard qui redonne confiance, un regard d’espérance…. ou bien un regard qui ne cesse de critiquer ou de condamner ? A la suite de Jésus acceptons nous de dire qu’il n’y a aucune situation désespérée ? Aujourd’hui, c’est la journée nationale de collecte du CCFD :Face aux pays en voie de développement, face aux exclus de chez nous, il est important de croire en leurs propres possibilités de s’en sortir par eux-mêmes. Leur force, ils la puiseront dans le regard que nous portons sur eux : « Moi je ne te condamne pas. »

Tous nous sommes appelés à vivre côte à côte avec nos frères quels qu’ils soient proches ou lointains, bien portants ou malades…Qui, dans le monde, peut se dire exempt de la complicité avec le mal et la faiblesse humaine ? N’oublions pas que toute condamnation de l’autre est une propre condamnation de soi-même. Demandons à Dieu la grâce et la force du pardon !

Père Louis Morandeau


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