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Les valeurs de nos familles
Article mis en ligne le 4 mars 2011
dernière modification le 5 février 2013
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CE QUE VIVENT NOS FAMILLES EN 2011

Voici un article de « Panorama » du mois de février 2011 (pages 8 et 9) dans lequel Monique Baujard s’exprime sur les valeurs de la famille de ce 21° siècle. Monique Baujard est une mère de famille de 54 ans, mère de quatre enfants ; directrice du Service national Famille et société de la Conférence des évêques de France depuis 2009 ; en charge du pilotage de l’année « Famille 2011 ». ; ancien avocat au barreau de Paris, titulaire d’une maitrise en théologie.

Monique Baujard : En lançant « Familles 2011 », nous voulons ouvrir une réflexion dans les diocèses pour nourrir ensuite le débat dans la société. Nous avons commencé à organiser des colloques sur des thèmes liés à la famille. Depuis novembre dernier, un blog est aussi ouvert. Le projet « Familles 2011 » s’est fixé quatre objectifs. D’abord, prendre acte des changements dans la société et les analyser. Ensuite, mettre en valeur ce que les familles apportent aux personnes et à la société. Puis, montrer l’actualité du message chrétien aujourd’hui pour toutes les personnes, quelle que soit leur situation familiale. Enfin, nous souhaitons dégager de cette réflexion des éléments pour une politique familiale et une pastorale des familles.

Pourquoi est-ce si difficile de construire sa vie de famille aujourd’hui ?
Fonder une famille correspond à une aspiration humaine fondamentale. Pendant longtemps, notre société offrait une voie unique pour y parvenir : le mariage. Mais avec la déconstruction des valeurs traditionnelles, le mariage classique a également volé en éclats. Aujourd’hui, presque tout dans la vie fait l’objet d’un choix libre, autonome et souvent provisoire, sans aucune référence obligatoire à une quelconque tradition. Cela a des avantages, mais cela fragilise les relations de famille. Lorsque chacun se construit à partir de ses libres choix, les identités deviennent en effet plus fragiles. Chacun doit constamment « autovalider » sa propre vie. Cette individualisation des trajectoires fait que le choix de rester en couple devient beaucoup plus une question de fidélité à soi, à son identité, qu’une question de fidélité à l’autre. À cela s’ajoute la fragilisation des identités, qui entraîne souvent un manque de confiance en soi et en l’autre. Or, cette confiance est indispensable pour entrer dans une vraie relation d’amour, de don de soi et de réception de l’autre comme nous y invite le Christ. Enfin, la multiplication des choix possibles à tout moment et dans tous les domaines de la vie valorise l’éphémère, le changement permanent, alors que la dynamique de l’amour chrétien ne peut se déployer que dans la durée. Vouloir aujourd’hui inscrire son couple et ses liens de famille dans le temps relève donc d’un choix personnel délibéré qui n’est plus porté par la société.

Comment valoriser la famille comme lieu d’épanouissement personnel ?
La famille, quand tout va bien, peut vous faire ce cadeau merveilleux d’être le lieu où vous êtes aimé tel que vous êtes, avec vos qualités et vos défauts. Un lieu où vous n’avez pas de rôle à jouer, pas de masque à porter. La véritable liberté s’éprouve là, dans le fait de se sa¬voir aimé, inconditionnellement. C’est à partir de cette expérience de liberté que chacun peut s’épanouir personnellement en donnant le meilleur de soi et en suscitant le meilleur chez les autres.
La famille est également un lieu de contraintes...Oui. Construire sa vie de couple, élever des enfants, demande du temps, de l’énergie, beaucoup de philosophie et une bonne dose d’humour ! La société ne renvoie aucun signe de reconnaissance pour cet « investissement » dans la famille. Le temps qui lui est consacré n’est économiquement pas rentable : vous ne gagnez pas d’argent et vous ne faites pas carrière. Mais il est « rentable » humainement. Nous sommes des êtres relationnels : notre bien-être et notre épanouissement personnels passent par le bien-être et l’épanouissent de ceux qui nous sont proches. Les contraintes sont plus facilement acceptables lorsque nous voyons qu’elles permettent à tous de vivre mieux. Il faut espérer qu’avec le développement de nouveaux indicateurs de richesse et de développement humain – qui tiennent compte de critères sociaux, humains et environnementaux – la société trouvera aussi le moyen de mieux valoriser le temps consacré à la famille.

Qu’apporte la famille à la société ?
C’est un lieu d’apprentissage et de solidarité. On y apprend à faire attention à l’autre, à partager, mais aussi à pardonner, à respecter les différences, etc. Des compétences indispensables pour pouvoir tenir sa place dans la société plus tard. C’est aussi vers la famille que la plupart des personnes se tournent en cas de difficultés d’ordre matériel, professionnel ou affectif. Les instances publiques de solidarité sont nécessaires, mais seule la famille peut jouer ce rôle de proximité et d’aide sur mesure.

Pensez-vous que la société attend une parole de l’Église aujourd’hui ?
Beaucoup de personnes aspirent à une vie de famille harmonieuse et ne trouvent pas dans la société de repères qui peuvent les aider. L’Église offre des repères, mais son discours n’est pas toujours audible. La réception est « brouillée » par ses prises de position sur la morale sexuelle. Or, la vie de famille n’est pas d’abord une question de morale sexuelle mais de relation. Le Christ nous apprend qu’aimer c’est se donner pour se recevoir de l’autre, que cet autre restera toujours un mystère et qu’il sera toujours plus grand que ses actes. Ce sont des repères précieux pour construire une relation d’amour. Ces repères sont accessibles à tous. Le défi pour l’Église est de montrer que l’Évangile peut aider chacun à construire des liens d’amour dans la durée et à faire quelque chose de beau de sa vie.

Comme chrétienne et mère de famille, qu’essayez-vous de transmettre ?
Aujourd’hui, la foi aussi relève d’un choix personnel. On peut y initier ses enfants, mais la transmission n’a plus rien d’automatique. Ce qui me paraît important, alors, c’est de garder ouverte une dimension spirituelle et de stimuler leur quête de sens, tout en acceptant qu’elle peut prendre des formes différentes. L’attention à l’autre, l’acceptation des différences, le respect du dialogue et la qualité des relations qu’on noue sont pour moi autant de vecteurs d’un authentique témoignage chrétien. J’ai confiance dans le fait que la Parole qui me fait vivre trouvera, d’une façon ou d’une autre, sa place dans la vie de mes enfants.

Recueilli par Anne Ricou

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