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Lettre du Karamoja.
Nouvelles du Père Gérard CHABANON
Article mis en ligne le 6 janvier 2012
dernière modification le 9 janvier 2012
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Une photo et quelques cartes pour situer la personne et les lieux !!!


Photo du P. Gérard Chabanon prise lors de la réunion de Carême 2011 dans la salle de St Sigismond.

Situation de l’Ouganda en Afrique

Carte de l’Ouganda.

Le Karamoja, région en rouge, s’étend sur 27 900 km² (10% du territoire ougandais).

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Le Père Gérard Chabanon, missionnaire d’Afrique (Père blanc) était présent à la soirée carême à Saint-Sigismond le 22 mars 2011. Après avoir passé 20 ans en Tanzanie, 6 ans comme provincial à Paris et 6 ans à Rome comme supérieur général, il se préparait à partir en Ouganda pour une nouvelle mission. C’est désormais chose faite.
A l’occasion du Nouvel An, il nous livre ses premières impressions.

Lettre du Karamoja.

Tapac, le 28 décembre 2011

Bien chers tous,

Maata ! Les fêtes de Noël au Karamoja se sont passées presque partout dans la paix et la joie. Je dis presque, car il y a bien eu quelques raids et certains meurtriers, qui ont entaché ces fêtes. J’avais prévu de vous écrire un peu plus tôt mais notre connexion internet a fait défaut. Par contre le soleil, lui, est bien là avec du vent qui chasse les nuages et nous donne des ciels merveilleux, la nuit comme le jour. Mais nous avons eu beaucoup de pluie en septembre-novembre. Dommage qu’elle n’ait pas pu être mieux utilisée par les gens. Si Tapac est à environ 1,400 m d’altitude, de nombreux villages se trouvent plus haut dans la montagne et je crois que l’on pourrait développer beaucoup plus l’agriculture et le jardinage. Mais, les Tépès, c’est le nom de l’ethnie, préfèrent s’occuper de leurs vaches et de leurs chèvres. Ce sont les femmes qui travaillent les champs.

Après un peu plus de trois mois dans la région, j’ai commencé à établir des contacts en visitant – à pied – les villages alentour. L’accueil est toujours chaleureux. Après 15.00 h, tout le monde se retrouve pour boire la bière locale, faite de millet, et discuter. La parole circule largement dans ces petits cercles d’amis ou de parents. Une parole que je m’évertue de déchiffrer. Heureusement, mon moniteur de langue, m’accompagne et me traduit l’essentiel. C’est une langue difficile pour moi, question d’âge( !) mais aussi de syntaxe. J’essaie de travailler régulièrement tous les jours mais les progrès sont lents. Je m’y attendais un peu.

Nous sommes quatre dans notre communauté dont un stagiaire burkinabé. Mes deux confrères sont burkinabé et congolais. Moyenne d’âge 33 ans ! Pour eux la langue n’a plus guère de secrets et ils sont bien insérés dans la communauté chrétienne et humaine de la paroisse. Une communauté qui s’est retrouvée largement pour les fêtes : 45 bébés ont été baptisés à cette occasion et une retraite pour les adultes et pour les jeunes a rassemblé pas mal de monde. La messe s’est terminée avec des chants et des danses. Les dimanches ordinaires, l’église est suffisamment grande pour accueillir tout le monde ! L’animation de la communauté se traduit, en dehors des sacrements, par des sessions sur la paix, les conflits ainsi que sur les mutilations génitales pour les filles. Plusieurs ONG offrent régulièrement des journées de formation dans plusieurs domaines.

La paroisse est jeune, une quinzaine d’années, mais elle rend de nombreux services. D’abord l’école primaire, environ 220 enfants avec possibilité d’internat pour ceux qui viennent de loin et ensuite le Centre de santé qui accueillent les malades. Il y a aussi une maternité. Mais seulement deux infirmières. Nous soutenons en partenariat avec le gouvernement ces deux institutions grâce à des dons privés ou d’organismes divers. Une bonne vingtaine de jeunes est maintenant en secondaire et un à l’université. Cette nouvelle génération ne partage pas toujours la vision traditionnelle des anciens. Espérons qu’ils sauront trouver les mots et les gestes pour engendrer des changements positifs pour tous.

Il n’en reste pas moins que de nombreux jeunes, surtout parmi les filles, ne vont pas à l’école et qu’il faut continuer à motiver leurs parents pour qu’ils les envoient. C’est d’ailleurs une proposition qui m’a été faite par les jeunes qui suivaient les deux jours de retraite que j’ai donnée en anglais avant Noël. J’ai été heureux de voir qu’ils se sentaient responsables de l’avenir de leurs petits frères et sœurs. Un programme d’alphabétisation des adultes serait aussi une bonne chose. L’Ouganda s’était lancé bravement dans l’aventure. Malheureusement des contraintes financières ont mis un arrêt à cette initiative.

Les Tépès sont environ 35,000 dans notre paroisse. Il existe d’autres groupes mais plus petits. Bien que différents, ils ont été au cours des derniers siècles assimilés aux Karamojongs et ont adopté la langue et certaines coutumes. C’est avec l’ethnie Pokot à l’est qu’ils ont développé des alliances mais ils sont souvent en conflit avec d’autres ethnies et cela se traduit par des raids de bétails mais aussi malheureusement par des représailles sanglantes. Même si la campagne officielle de désarmement conduite surtout par l’armée nationale a porté des fruits, il reste des armes cachées ici et là. Presque tout dans leur vie quotidienne est marqué par « la peur des ennemis ». Cela passe par les villages cachés dans la montagne, par l’accessibilité aux habitations par des passages très étroits dans les enclos faits d’épineux et par les habitations situées à un mètre du sol et auxquelles on pénètre par un couloir dans lequel il faut ramper ! Si l’Évangile a quelque chose à dire à ces gens-là, c’est sans doute dans ce domaine de la peur et de l’ouverture aux autres. Pour être complet, je dois dire que les constructions dans le « centre de Tapac » ne possèdent pas ces caractéristiques défensives.

Voilà un peu ce que j’ai découvert depuis mon arrivée ici. Je suppose qu’avec le temps il me faudra apporter des corrections à ces premières impressions. Je suis en phase d’apprentissage. J’espère qu’à Pâques, je pourrai me débrouiller un peu mieux avec la langue et ensuite continuer en pratiquant. N’ayant pour le moment pas ou très peu de responsabilités, j’en profite aussi pour lire et prier

Je termine en vous souhaitant une heureuse année 2012. Qu’elle vous apporte joie dans la rencontre, soutien mutuel, engagement auprès des autres et confiance dans l’avenir. Le Seigneur est fidèle.

Amitiés fraternelles et union de prière,

Gérard Chabanon

Lettre transmise par J-L et M. Rousseau.
Merci pour ces liens qui nous ouvrent à "l’Église répandue à travers le monde".

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