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"Lève-toi, prends ton brancard et marche"
Article mis en ligne le 23 février 2009
dernière modification le 3 octobre 2016
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Marc 2, 1 – 12
« Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Peut-être devrions-nous seulement laisser raisonner profondément en nous la Parole que nous venons d’entendre, Bonne Nouvelle pour notre temps, afin qu’elle pénètre dans le cœur même de notre être. Prenons cependant un peu de temps, chers amis, pour réaliser l’énormité de ce qui vient de nous être proclamé.

Voici un paralysé sur son brancard…totalement dépendant. Il est paralysé : rendu immobile. Par ses seules forces, cet homme ne peut pas atteindre Jésus qui est dans la maison remplie de monde. Il a besoin que d’autres le portent : ces quatre hommes qui l’emmènent à Jésus, n’agissent pas pour eux, mais bien pour ce malade. Ils sont prêts à casser des murs, franchir des obstacles dont celui de la foule, pour que ce paralysé puisse vivre. Ils ont peut-être agi au nom de leur solidarité humaine….mais cet engagement humain par pure solidarité humaine est absolument fondamental pour une vie avec Dieu. Malheur à ceux qui resteraient insensibles ou aveugles devant la détresse humaine, ils se couperaient d’eux-mêmes de leurs frères en humanité. C’est tous les jours que nous avons des occasions de nous mettre au service des autres pour qu’eux puissent vivre ; mais pouvons-nous vraiment entendre ces appels à un moment où la paralysie, la morosité, la déprime nous gagne et nous fait perdre le sens de l’autre ?

Est-ce le paralysé qui a demandé à ce qu’on le porte jusqu’à Jésus, ou bien est-ce ces quatre hommes qui ont su être assez attentifs par eux-mêmes à la détresse de ce malade ? Le texte ne le dit pas, mais de toute façon il y avait, chez les uns ou les autres, une aspiration à vivre. Les quatre hommes qui portent le paralysé n’ont pas baissé les bras et utilisent toute leur intelligence pour arriver à leur fin. Ils sont certains que Jésus peut faire quelque chose pour leur ami grabataire. Bien sûr ils pensent à une guérison physique. Mais comme à son habitude, en fin pédagogue, Jésus va provoquer pour faire réfléchir son auditoire, particulièrement les quelques scribes présents, dépositaires de l’autorité et de la lettre de la loi. Il surprend tout le monde en mettant la barre très haut, le plus haut qui soit possible : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ».Jésus va droit au but. Il ne veut pas qu’il y ait la moindre ambiguïté sur le Royaume qu’il est venu annoncer. Dans son Royaume la seule chose qui compte, c’est l’amour et le plus grand miracle que l’amour puisse réaliser, c’est de pardonner les péchés, autrement dit d’apporter encore plus d’amour là où il en a manqué. Ce qui a pour effet de remettre debout, de ramener à la vie celui qui s’est couché devant les difficultés de l’existence. Cela Dieu seul peut le faire car lui seul est pur amour capable du don parfait ( le par-don).

La foi communautaire des amis du paralysé permet à Jésus de lui donner ce qu’il n’aurait jamais osé demander : la véritable libération de tout son être. Il souhaitait une guérison partielle celle de son corps. Jésus lui donne une guérison totale. C’est une véritable résurrection. Il n’y a que la fraternité qui peut nous permettre de vivre ces deux attentes profondément humaines ; et la fraternité est une « valeur » qui se cultive : elle n’est pas donnée une fois pour toutes. Aidons nous à la vivre dans un monde de plus en plus individualiste.

Ecoutez bien ! Jésus dit au paralysé : « Lève-toi ». Il n’a pas dit « Levez-le », mais « lève-toi ». Même au cœur de la plus grande paralysie, y compris celle de notre péché, Jésus fait confiance aux forces cachées au creux de la vie de toute personne humaine pour qu’il puisse se relever. Croire en la force de l’autre, c’est lui permettre de vivre. « Le plus beau regard d’amour que quelqu’un peut poser sur moi, c’est celui qui m’espère. »

« Prends ton brancard » : Jésus n’invite pas à fuir nos lieux de souffrances ou nos conditions de vie difficiles ; il nous invite au contraire à les prendre à bras le corps. C’est au cœur de nos situations de souffrances que l’espérance peut surgir, jamais dans leur fuite. Encore faut-il avoir la force de prendre ce brancard qui est quand même lourd, très lourd du poids de toutes nos souffrances ! Que nous puissions nous aider à prendre notre brancard.

« A toi aussi, tes péchés sont pardonnés. Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »

Louis Morandeau


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