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Loi sur la burqua ?
Article mis en ligne le 3 février 2010
dernière modification le 5 février 2013
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Dans un document diffusé le 1° février 2010, le président du Conseil pour les relations interreligieuses, Mgr Santier, exprime pour la première fois la position officielle de l’épiscopat français. Celui-ci met notamment en garde contre la théorie du choc des civilisations.

Quelle est la position de l’épiscopat sur une telle loi ?

Réservée. C’est le terme utilisé par Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, et responsable des relations interreligieuses pour la Conférence des évêques de France dans le document diffusé le 1° février : « Je suis très réservé sur l’opportunité d’une loi qui ne résoudra pas la question », écrit-il. Une réserve qu’il justifie de deux manières : le problème du voile intégral ne concerne qu’une infime minorité de femmes, tout au plus quelques centaines. Et la loi pourrait même se révéler contre-productive - les femmes musulmanes portant ce voile intégral risquent de ne plus sortir, et de se trouver encore plus marginalisées...
L’épiscopat estime de surcroît qu’il faut faire crédit aux représentants musulmans - à savoir le Conseil français du culte musulman - qui ont clairement déclaré que le « voile intégral » n’est pas un signe religieux, et que le Coran ne demande pas qu’il soit porté par les femmes. Il ne s’agit donc pas d’un problème strictement religieux. Or justement, une telle loi stigmatiserait les croyants musulmans. Les citoyens, dit encore le communiqué, « ne doivent pas se laisser envahir par la peur et la théorie du choc des civilisations » : il faut ainsi distinguer la majorité des musulmans, qui « demandent à pouvoir pratiquer librement leur culte », d’une minorité qui « cherche à déstabiliser les démocraties ».

Quelles pourraient en être les conséquences ?

Les évêques de France craignent que cette loi ne donne des arguments, dans d’autres pays, à tous ceux qui cherchent à restreindre la liberté religieuse des minorités, notamment dans les pays à majorité musulmane. De ce point de vue, la position de l’épiscopat rejoint celle du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, au moment de l’affaire des minarets. Plutôt que de donner, par une loi sur le voile intégral, le sentiment de s’en prendre encore à l’Islam, il serait préférable, estime encore Mgr Santier, d’aménager les conditions d’exercice du culte pour ces croyants en France.

Pourquoi l’Église réagit-elle si tard sur ce dossier ?

La première raison avancée par l’épiscopat, c’est sa volonté de respecter la représentation nationale : il a donc attendu, pour prendre la parole officiellement, les conclusions du rapport. Mais les responsables catholiques regrettent de ne pas avoir été reçus par la mission parlementaire. Ils en avaient fait pourtant la demande, et n’ont même pas obtenu de réponse... Comme le note avec une certaine amertume Mgr Santier, « la mission n’a pas cru bon d’entendre l’avis des responsables religieux chrétiens et juifs, alors qu’elle a reçu d’autres courants de pensée ». Ainsi, les députés ont auditionné la Libre-Pensée et l’Union rationaliste qui représentent des courants de pensée pourtant très minoritaires... De fait, estiment les évêques, si ce problème est un problème de laïcité, une conception ouverte de la laïcité englobe toutes les confessions religieuses.

ISABELLE DE GAULMYN (article de « La Croix » du 2 février 2010)

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