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Marie, témoin d’une espérance (à L.C.E.)
Article mis en ligne le 18 juin 2008
dernière modification le 17 novembre 2008
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« Lourdes-Cancer-Espérance » : Le nom de la ville nommée ici (Lourdes ) évoque le nom de Marie qui est venue visiter notre monde il y a 150 ans aux portes des Pyrénées ; le deuxième mot « cancer » évoque toutes nos fragilités humaines et même spirituelles ; le troisième terme « Espérance » évoque la Résurrection du Christ et la nôtre. Alors, tout en pensant à ce que nous pouvons vivre les uns et les autres, j’ai essayé simplement de regarder Marie vivre sa foi au cœur de ses propres réalités humaines à elle, mais aussi de me laisser interpeller par sa manière de dire son espérance au monde, dans des situations pour le moins inattendues. Dans sa manière de répondre « oui » à Dieu, Marie a quelque chose à nous dire aujourd’hui, à nous qui sommes très préoccupés par nos vies de familles ou par nos santés. Elle peut nous aider à garder l’Espérance.

J’entend les paroles de l’ange, paroles de Dieu à cette jeune fille d’environ 17 ans dans sa maison de Nazareth : « Je te salue comblée de grâce ». Il s’agit là de beaucoup plus qu’un compliment : ce messager vient révéler à Marie tout l’amour que Dieu lui porte : « le Seigneur est avec toi ». Nous nous souvenons que toutes les missions des prophètes étaient précédées de cette assurance de la présence de Dieu. Ce matin, nous entendons cette même parole ; elle est adressée à chacun(e) de nous : « Je te salue comblé(e) de grâce, le seigneur est avec toi ». Le Seigneur nous choisit, nous la famille « Lourdes-Cancer-Espérance » comme prophètes pour ce monde du 21° siècle. Il nous choisit ensemble…mais il nous choisit aussi chacun et chacune de manière toute particulière… Il nous est peut-être difficile d’entendre cette parole aujourd’hui alors que nous pouvons être profondément marqués par la blessure de la maladie. Et pourtant, comme Marie, chacun et chacune de nous nous avons été choisis par amour et dans la situation très concrète qui est la nôtre, pour accueillir Dieu et le donner au monde. Ce matin, nous ne venons pas simplement d’écouter un texte d’Evangile, mais nous venons d’entendre une Parole de Dieu adressée à chacun(e) de nous comme si c’était la première fois qu’elle était prononcée. A l’interpellation de l’ange, regardez comment Marie a peur ! Elle se sent si petite ! Elle croit ne pas être à la hauteur. Et puis, c’était tellement inattendu, cette nouvelle ! Les projets de Dieu ne sont pas forcément les nôtres : ils peuvent bouleverser une vie. Pourtant Marie accepte de s’ouvrir à l’inattendu de Dieu : « Que me veux-tu Seigneur ? Pourquoi moi ? » Ce n’est pas toujours évident d’admettre qu’un appel de Dieu …un appel à un moment un peu troublé de notre vie… ou encore un appel d’une autre personne… soit une chance, et de se laisser alors habiter par la confiance. Ce matin, le Seigneur vient nous dire : « Tu as au fond de ton cœur un amour immense que personne ne pourra t’enlever, pas même la maladie… alors je compte sur toi…je veux faire de toi un(e) Apôtre… Je t’espère…m’entendras-tu ? »

Et lorsque Marie a prononcé son « oui », il lui a fallu ensuite le concrétiser dans des actes précis et à tous les instants de sa vie. Elle a bien conscience que cela va l’engager au quotidien : « Comment cela va-t-il se faire ? ». Marie bute tout de suite sur le comment de la réalisation. Cette question « Comment cela se fera-t-il ? », nous la posons si souvent : face à l’avenir, le nôtre, l’avenir du monde et l’avenir de l’Eglise ; face à des engagements difficiles à vivre au cœur de nos maisons, de nos familles, de nos communautés… face à nos santés fragiles…Comment cela va-t-il se faire ? Soyons surs que l’Esprit Saint viendra féconder notre impossible. Encore une fois c’est à la confiance que nous sommes invités, mais à une confiance éclairée… et pas une confiance aveugle. Et c’est tous ensemble, à « Lourdes-Cancer-Espérance » que nous vivrons de cette confiance… Et puis j’ai regardé Marie partir en toute hâte chez sa cousine Elisabeth : « Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée ». Le départ de Marie en toute hâte, vers la ville de Judée où habite Zacharie et Elisabeth, ressemble beaucoup au retour à Jérusalem des disciples d’Emmaüs. Marie accueille la présence du Christ en elle et elle court en porter la nouvelle. Elle porte en elle un trésor… Marie, en route en toute hâte vers ses cousins, peut être regardée aussi comme une parabole de l’Eglise en chemin, à la rencontre de l’humanité…Marie, en route en toute hâte vers ses cousins peut-être regardée comme une parabole de la grande famille de « Lourdes-cancer-Espérance » chargée de dire Dieu au cœur d’un monde qui souffre. Il nous faut courir porter cette espérance à tous les hommes… Bien sûr, au temps de Marie, l’Eglise n’est pas encore née ; elle ne le sera qu’à la Pentecôte. Mais la Vierge porte en elle le Christ, et elle assume déjà en germe la mission de l’Eglise toute entière chargée de le porter au monde, comme elle assume aussi la mission de LCE habité par l’espérance du Ressuscité. La hâte de Marie dit l’empressement qui est ou qui doit être celui de l’Eglise, celui de LCE, Communautés pressées de porter la Bonne Nouvelle….mais pour la porter aux autres, il nous faut forcément la vivre en nous…

Regardons aussi comment ces femmes (Marie et Elisabeth) ont accueilli la naissance future de leur enfant respectif. Dans le monde juif de l’époque, c’est une chose qui ne devait pas être évidente à assumer… comme c’est le cas sans doute pour nous aujourd’hui dans nos situations de détresse… Mais Marie et Elisabeth n’ont jamais baissé les bras. Elles ont donné une réponse chacune à leur manière et en tant que femmes, à cette interpellation de leur vie. Elles ont dû se soutenir toutes les deux dans leurs maternités imprévues. Joseph, lui, à un autre moment, donnera sa réponse en tant qu’homme, comme Zacharie d’ailleurs. C’est toujours avec nos sensibilités humaines et au cœur de nos engagements humains que nous donnons une réponse à Dieu. Dieu n’a pas suscité une réponse de la part de Marie et d’Elisabeth en les faisant venir à la prière de la Synagogue, mais il les a interpellées sur quelque chose d’essentiel pour des femmes : leur maternité. C’est bien dans la manière de vivre nos conditions humaines que nous donnerons nous aussi une réponse à Dieu…c’est là que nous exprimons le plus fortement notre amour.

Aussi, cette scène de la Visitation est vraiment une explosion de joie.. L’explosion de joie de deux femmes enceintes qui associent à leur bonheur l’enfant qu’elles portent. Que de sourires dans cette scène évangélique ! Saint Luc semble vouloir présenter la venue du Messie comme l’avènement du bonheur, Dieu vient sur terre pour semer le bonheur. Cette scène de la visitation n’évoque pas simplement la rencontre de Marie et d’Elisabeth, mais aussi une profonde salutation dans un tressaillement de joie des deux enfants à naître : Jean-Baptiste, prophète de l’humanité, et Jésus, Fils de Dieu. Toute la Bible est remplie de cette joie de Dieu lorsqu’il vient à la rencontre de l’homme : rappelons-nous la création, l’alliance, l’incarnation, la résurrection… Mais nous, qu’avons-nous fait de la joie de Marie ? Savons nous nous réjouir de la rencontre avec notre Dieu ? et Dieu a-t-il encore une importance pour nous aujourd’hui ?

* Demandons leur, à tous, la force de vivre même au cœur de nos fatigues… la force d’ouvrir notre cœur à Celui qui croit en nous malgré nos faiblesses…
* Marie, tu es la première en chemin à avoir répondu aux imprévus de Dieu, donne-nous la force de répondre comme toi à celui qui nous fait confiance.

Louis Morandeau




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