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Nous avons reçu le Père Bruno Assaline DIATTA.
Article mis en ligne le 3 juin 2013
dernière modification le 13 juin 2013
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Le dimanche 26 mai dernier, notre paroisse était dans la joie de recevoir le Père Bruno Assaline DIATTA.

En ce dimanche de la Trinité, le Père Bruno Assaline DIATTA a présidé les deux messes dominicales à 9h30 dans l’église de Bouillé-Courdault et à 11h dans celle de Benet.
Religieux de la Congrégation des Missionnaires du Saint-Esprit - Spiritains- (www.spiritains.org), il est originaire du Sud du Sénégal et séjourne actuellement en France jusqu’à l’été 2013. Ainsi a-t-il la possibilité de découvrir la France, la Vendée, et surtout la vie de l’Église en France. Il réside au presbytère Notre-Dame à Fontenay-le-Comte.

Il nous a laissé ce témoignage qui ne saurait nous laisser indifférents !

"Deuxième d’une famille de 10 enfants dont 5 filles et 5 garçons, je suis Sénégalais de la région de Ziguinchor plus connue sous le nom de la « Casamance ». Mon nom est Bruno Assaline DIATTA. J’ai 37 ans et je suis prêtre missionnaire spiritain. Mon père, contrairement à ma mère n’est pas chrétien, il est resté dans la religion traditionnelle. Il avait toujours souhaité que tous les enfants le suivent dans la religion de nos ancêtres. Car, pour lui, il n’y a pas une autre religion meilleure que celle de nos ancêtres. Or moi, dès le bas âge, j’ai été séduit par la vie des « gens de l’Église » ; et l’un de mes plus beaux rêves était de devenir un jour chrétien sans savoir à quoi cela engageait.

C’est ainsi, alors que j’étais au primaire dans une école catholique -sans que personne ne l’ait su dans ma famille- j’ai commencé à me cacher pour aller certains dimanches à la messe et à suivre le Catéchuménat à la mission. A la fin de la 3ème année, j’ai été admis à faire le baptême. Venue « l’heure de vérité ». Certes, s’il a été évident que je n’avais pratiquement pas de chance que mon père puisse accepter mon choix, toutefois, j’ignorais complètement les graves conséquences que j’aurais eu à subir de mon acte de désobéissance. En effet la réaction de mon père a été d’une rare et violente brutalité. J’ai failli perdre la vie. Depuis lors, j’ai été malgré moi contraint de garder une très grande distance par rapport au monde chrétien, sans jamais renoncer au baptême, car mon cœur était déjà au Christ Jésus.

En 1995, quand je suis allé à l’université de Dakar, je me suis résolu avec un ferme engagement à devenir chrétien même s’il m’aurait fallu mourir. Vue l’expérience douloureuse que j’avais vécue, j’avais une grande appréhension en moi. Ce n’était pas le moment de reculer encore moins de m’arrêter. En tout respect, j’ai au préalable informé mon père et sans lui demander son avis, j’ai repris le catéchuménat. Le cheminement a été très pénible, car je faisais l’objet de sérieuses menaces. Mais grâce à la prière, j’ai eu la force de résister et de persévérer jusqu’au bout. La Providence aidant, j’ai obtenu dans la même année le baptême en avril et la confirmation en mai 1996. Et quatre mois après j’ai été admis au Postulat des Missionnaires spiritains à Dakar pour commencer ma formation initiale de séminariste. Mon père était très furieux. Sachant qu’il ne pouvait plus m’amener à renoncer au choix de ma nouvelle vie de baptisé, il a convoqué une réunion avec tous mes frères et sœurs au cours de la quelle il m’a obligé -alors que je ne l’avais jamais souhaité- à me déterminer entre ma famille et ma foi. Sans vouloir le blesser, puisque je l’aimais beaucoup, je lui ai fait savoir respectueusement que je ne pouvais renoncer à ma vie de baptisé. Cette réponse l’avait meurtri, car il venait de perdre l’aîné de ses garçons. C’est ainsi que j’ai été déshérité, donc je n’avais plus aucun droit dans ma famille.

Après avoir risqué mon choix définitif pour le Christ, je me suis retrouvé seul, tout seul. En plus rien n’était sûr d’avance que j’allais réussir ma formation de séminariste pour devenir prêtre. Mais le choix irréversible ayant déjà été fait, je n’avais que la Vierge et le Christ comme unique soutien et seul secours.
Après le Postulat, j’ai été envoyé au Grand Séminaire international Daniel Brottier à Libreville au Gabon pour la philosophie. Ensuite, je suis entré au Noviciat spiritain du Cameroun où j’ai fait ma première profession religieuse en septembre 2000. Puis, j’ai été envoyé en stage pastoral et missionnaire en Guinée Conakry avant de retourner au Cameroun pour la dernière étape de ma formation en théologie. Durant mes 9 années de formation, je priais sans cesse pour ma famille et surtout pour mon père.

Le 9 juillet 2005, j’ai été ordonné prêtre dans mon diocèse d’origine à Ziguinchor dans une très grande joie et l’action de grâce de ce que le Seigneur a fait pour moi et de ce qu’il a réalisé particulièrement ce jour-là dans ma famille. La Merveille, c’est que le jour de mon ordination, à la grande surprise de tout le monde, mon père a fait irruption 15 minutes avant la cérémonie, et après m’avoir serré dans ses bras il m’a accompagné, au rythme des chants de la procession d’entrée, jusqu’à l’autel et là, devant le peuple de Dieu il m’a offert pour toujours au Christ. Le Conseil Général de la Congrégation des Spiritains m’a affecté au Sénégal où j’ai eu la joie de travailler pendant 3 ans d’abord comme vicaire et 4 ans comme curé de la paroisse Notre-Dame du Cap-Vert de Pikine en banlieue de Dakar.
Depuis mon ordination, nous vivons dans ma famille réconciliée, une grande unité des Cœurs. Mon père quant à lui, quoiqu’il demeure encore sceptique par rapport à la foi au Christ, paraît être l’homme le plus heureux du village."

Aujourd’hui, il m’a comblé au-delà de mes espérances."

Bruno DIATTA.

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