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Première et dernière place au banquet
Article mis en ligne le 28 août 2010
dernière modification le 5 septembre 2010
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Homélie du 22 ème dimanche du Temps ordinaire

Voici deux paraboles du Christ qui évoquent chacune un repas et des places à prendre pour des invités. Elles se terminent toutes deux par des phrases surprises qui changent la perspective : « Qui s’élève sera abaissé » conclut la première parabole, tandis que l’autre évoque « la résurrection des justes ».

Nous savons qu’une parabole, c’est une histoire inventée, une « histoire pour réfléchir ». Creusons donc plus loin dans ces paraboles en les plaçant dans le contexte lucanien. Remontons dans l’Évangile quelques lignes avant l’extrait que nous venons de proclamer... C’est un jour de Sabbat, le travail et l’effort sont donc prohibés. Un malade est là, devant Jésus. « Est-il permis ou non de guérir un malade un jour de Sabbat ? » demande le Christ. Mais personne ne répond. Alors Jésus guérit le malade et il pousse le bouchon plus loin : « lequel d’entre vous si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne le hissera pas aussitôt, en plein jour de Sabbat ? ».

Eh bien ! Le but de Jésus dans ces paraboles n’est pas un enseignement de politesse, mais une remise en cause. Les paraboles opèrent un ré-cadrage de la réalité. Ce ré-cadrage place la réalité sous un jour imprévu aboutit à mettre en question l’image habituelle du monde. Notre parabole s’éclaire d’un jour nouveau qu’annonçait la petite phrase lue en introduction de l’Évangile : « Heureux les invités à la table de Dieu : il comble de bien les affamés, il élève les humbles ». Jésus remet en question notre manière d’inviter, ses propos à la suite de la parabole le précisent : « Quand tu donnes un festin, n’invite pas ceux qui pourraient te rendre la politesse, invite ceux qui n’ont rien à te rendre ». Jésus nous propose d’imiter – et pas seulement à table ! – les nouvelles manières du Royaume de Dieu.

Lorsque Dieu invite, ce n’est pas pour la politesse, et pour le « retour » attendu. Lorsque Dieu invite, il invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Regardons-nous autour de nous, il y a parmi nous des personnes aveuglées par leurs propres sentiments, incapables de percevoir les besoins des autres. Il y a parmi nous des boiteux, qui claudiquent dans la vie, incapables de choisir entre deux attitudes. Il y a parmi nous des estropiés, parce qu’une partie de leur existence est dirigée tout de travers. Parfois nous cumulons un peu de chaque handicap. Mais cela n’empêche pas Dieu de nous aimer et de nous inviter.

Dans la première lecture : un sage conseille l’humilité à son fils. « L’idéal du sage, dit-il, c’est une oreille qui écoute ». Se comporter humblement, ce n’est pas se considérer comme moins que rien, c’est renoncer à la volonté de puissance sur les autres, chercher ce qu’ils ont de positif, de supérieur. L’oreille pour entendre, l’oreille pour vraiment recevoir, l’oreille pour désirer le bien, l’oreille pour chercher à comprendre, l’oreille pour être atteint et transformé.

Nombreux sont parmi nous ceux qui apprennent à avoir de l’oreille, et, à partir de là, du cœur. La deuxième parabole est bien en effet celle de la gratuité : Ce pharisien a invité Jésus avec ses amis qui ont, comme lui, un beau rang social. Il recherche une gratification en l’invitant, mais Jésus lui dit de changer radicalement de comportement. De choisir la gratuité, d’inviter ceux qui ne peuvent pas lui rendre pour découvrir autre chose que cette reconnaissance mondaine, cette gloire du monde. Le pauvre, s’il l’accueillait, lui donnerait un vrai cœur en enlevant l’aveuglement du sien. Le pauvre révèle une capacité d’amour qui est là, en nous, ignorée, inexploitée. Je crois qu’on devrait progresser sur le chemin de la vie chrétienne quand on expérimente cette
puissance d’aimer plus grande que nous et cachée en nous. La Bible l’appelle l’agapè – la charité – l’humilité de la présence de Dieu dans un cœur humain. L’humilité, c’est laisser le Christ aimer en nous et non seulement vouloir être humble.

La Bonne Nouvelle du Christ est une source spirituelle qui agit en nous comme un levier formidable. Ce qu’il y a d’aveugle, d’estropié, de boiteux en nous, ne devrait pas nous faire peur. Nous sommes invités à reconnaître que nous sommes tous atteints de divers handicaps. Invités également à nous porter les uns les autres. Remercions le Seigneur pour nos handicaps. A travers eux nous apprenons à nous connaître et nous trouvons notre chemin.

Nous entrons ces jours-ci dans la période de la rentrée : nouveaux démarrages, nouveaux projets, nouvelles relations…Et moi ? Pour qui vais-je avoir de l’oreille ? Qui vais-je inviter ?

Père Kisito


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