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Suite aux attentats de Paris... un commentaire
Article mis en ligne le 20 novembre 2015
dernière modification le 19 novembre 2015

par BFCM
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Le courage de vivre

Commentaire de Jean-Luc Guitton, journaliste à RCF, le 15/11/2015

C’est l’effroi qui nous a glacés à la nouvelle des attentats. Plus de doute possible : c’est bien notre pays, ses valeurs, sa culture, tous citoyens confondus, qui est attaqué. Et peut-être, sans doute, par quelques-uns de ses enfants commandés, téléguidés de l’extérieur. Comment en sont-ils arrivés là ? Cette question, il ne faut pas renoncer à se la poser encore et encore. En particulier, pourquoi et comment se sont-ils exclus, sentis exclus de la communauté nationale ? Mais peut-on parler encore de "communauté nationale" quand, par exemple, l’idéal de la mixité sociale nécessaire à la cohésion nationale semble oublié ? Quand trop souvent c’est le "chacun pour soi" qui l’emporte ? Quand les inégalités se creusent ?
Le temps n’est-il pas venu de rassembler nos forces pour inventer un avenir ici et là-bas. Certains appellent de leurs vœux un gouvernement de responsabilité nationale au nom de l’intérêt suprême de la Nation et du Bien Commun.
Essayons, là où nous vivons, de faire vivre ensemble une laïcité fondée sur les valeurs de la République, la recherche du bien commun, et le respect des opinions de chaque citoyen.
Allons à la rencontre de l’autre, surtout s’il est différent.

David Neuhaus, Juif israélien et prêtre jésuite nous disait, il y a quelques jours, à l’occasion d’un voyage avec La Vie, à Jérusalem :
« Nous avons le devoir de formuler un contre-discours qui porte nos valeurs : la paix, la justice, la réconciliation, le pardon. Même si vous devez être critiques, gardez-vous de toute haine et de tout refus vis-à-vis des juifs et des musulmans, des Israéliens et des Palestiniens… "Nos paroles créent le monde", disait Jules Isaac. »"
Ne laissons pas la haine gagner notre cœur.

J’aime écouter dans ces moments de grand désarroi la voix du philosophe Paul Ricoeur : « Aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté ».
Lors de son séjour à Taizé pendant la Semaine sainte en 2000, il disait :
« Ce que je viens chercher à Taizé ? Je dirais une sorte d’expérimentation avec ce que je crois le plus profondément : à savoir que ce qu’on appelle généralement la « religion » a à faire avec la bonté. Les traditions du christianisme l’ont un peu oublié. Il y a une sorte de resserrement, de renfermement sur la culpabilité et le mal. Non pas du tout que je sous-estime ce problème qui m’a beaucoup occupé pendant plusieurs décennies. Mais, j’ai besoin de vérifier ma conviction que, aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions, ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui. »

La violence ne résoud rien, a rappelé le pape François ce dimanche15 novembre :
« Tant de barbarie nous laisse effarés, et on se demande comment le cœur de l’homme peut imaginer et réaliser des évènements aussi horribles, qui ont bouleversé non seulement la France mais le monde entier. Face à de tels actes, on ne peut pas ne pas condamner l’inqualifiable affront à la dignité de la personne humaine. Je veux réaffirmer avec vigueur que la voie de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l’humanité. Utiliser le nom de Dieu pour justifier cette voie est un blasphème ! », a-t-il ajouté avec insistance, sortant de son texte.


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