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Visite du Centre de Traitement anti-lèpre de Madjrè
Article mis en ligne le 25 janvier 2009
dernière modification le 5 février 2013
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Visite du Centre de Traitement anti-lèpre de Madjrè au Benin

Certains d’entre vous ont pu voir et rencontrer Sr Rachel, responsable de ce centre, lors de ses séjours chez nous à Benet en septembre 2007 et en septembre 2008. En décembre 2007, Brigitte et Frédéric-Charles Mossion ont eu le bonheur de séjourner au Bénin et d’aller à Madjrè. C’est avec grand plaisir qu’ils vous proposent cette visite.

Avant de commencer la visite...

Le Bénin

Le Bénin est situé en Afrique de l’Ouest dans la zone tropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer. La superficie du Bénin est de 114.763 Km2. Du Nord au Sud, il s’étend sur 700 Km du fleuve Niger au nord à la côte atlantique au sud. Sa largeur varie de 125 Km à 325 Km.
De forme étirée entre le fleuve Niger au nord et la plaine côtière dans le sud, le relief de l’ensemble du pays est peu accidenté. Le nord du pays est principalement constitué de savanes et de montagnes semi-arides. Le point culminant est le mont Sagboroa à 658 mètres. Le sud du pays est constitué d’une plaine côtière basse parsemée de marécages, lacs et lagunes comme par exemple le lac Nokoué ou la lagune de Porto Novo. Il a comme voisins le Togo à l’ouest, le Nigeria à l’est et le Niger et le Burkina Faso au nord.

Le Bénin comptait 8 400 000 habitants en 2008. Le pays a accédé à l’indépendance complète le 1er août 1960, sous la dénomination de République du Dahomey, avant de prendre son nom actuel en 1975.
La capitale officielle est Porto-Novo, Cotonou étant la capitale économique. Le Bénin est un pays au sous-sol pauvre, qui vit essentiellement de son port et de son agriculture. En effet, le port de Cotonou présente l’accès à la mer le plus rapide et le plus sûr pour les deux voisins enclavés du Nord que sont le Niger et le Burkina Faso.

Le Bénin est également un pays producteur de coton, activité ayant connu de très grosses difficultés ces dernières années, mais aussi de maïs, de manioc, de sorgho, d’huile de palme et de millet.

La lèpre au Bénin

Grâce aux programmes de prévention, cette maladie bacillaire qui touche principalement les couches les plus défavorisées de la population recule dans certains pays d’Afrique. La lèpre est une maladie de la pauvreté et de l’ignorance. Elle frappe les plus vulnérables : ceux qui n’ont pas la possibilité de vivre dans de bonnes conditions d’hygiène. Ses manifestations, qui paraissent au départ bénignes, ne poussent pas les personnes atteintes à consulter tôt. La lèpre peut rester plusieurs années dans l’organisme sans que les signes cliniques apparaissent. Quand elle se manifeste, certains ne consultent pas parce qu’ils pensent que le mal est dû à la sorcellerie, ils ne voient pas de solution médicale au problème. En général, comme la lèpre commence par une petite tache qui ne fait pas mal, les gens qui ne sont pas avertis ne voient pas l’utilité de consulter. Quand ils se dirigent vers les centres de soin, il est souvent trop tard et certains présentent déjà de graves lésions nerveuses. Au Bénin, un Programme lèpre financé par l’Etat (entre 60 et 75 millions de FCFA) et la fondation de lutte contre la lèpre Raoul Follereau (180 millions de FCFA) est en place depuis1988. Il reçoit et enregistre les malades, leur donne des médicaments et les oriente vers des centres anti-lèpre lorsque les cas sont graves. Depuis sa création, la structure a permis de guérir 12 129 personnes.

Des relais communautaires incitent les habitants à se faire dépister dans les centres de santé. Les lépreux guéris amènent des malades pour qu’ils soient examinés et, le cas échéant, traités. Une fois les malades dépistés, les centres établissent un diagnostic et commencent le traitement. Si la maladie en est à un stade précoce et qu’il n’y a pas encore d’infirmités, il n’y a pas hospitalisation. Par contre, s’il y a déjà des complications, les malades peuvent être internés deux à trois mois selon le type de plaie. Pour les deux formes de lèpre (multibacillaire MB, la plus grave et paucibacillaire PB), le traitement se base sur une prise de trois médicaments : la rifampicine, le clofazimine et le dapsole et peut durer entre 12 et 18 mois. Dès la première prise le malade n’est plus contagieux d’où l’importance du dépistage. Il faut savoir cependant qu’aujourd’hui encore la lèpre reste invalidante (amputation...) et peut être mortelle quand elle n’est pas traitée à temps dans sa forme grave. Le nombre de cas a certes largement diminué mais si l’on dit que la maladie est en bonne voie d’élimination , on ne peut pas encore parler d’éradication. Les efforts du gouvernement du Bénin et des associations impliquées sont plus que jamais nécessaires pour y parvenir.

En route pour la visite...

La Léproserie de Madjrè

(voir sur la carte au Sud-Ouest du Bénin : * pour situer Madjré)

Le Centre de Madjré dépend de la commune de Dogbo, dans le département du Couffo, au Sud-Ouest donc du Bénin. Situé au bout d’une piste en latérite, isolé comme il se doit, la lèpre étant une maladie toujours considérée comme contagieuse et honteuse. Le dernier village habité est à plus de 20 minutes en voiture et le marché le plus proche est à 2 heures de marche ! Lors de la saison des pluies, la piste devient souvent impraticable aggravant cet isolement pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines.

La léproserie a été fondée, il y a eu 40 ans en décembre dernier, par le Père Louis-Marie Moreau, prêtre des Missions Africaines et originaire de... Chavagnes en Paillers ! (le monde est petit ou plutôt la Vendée a été le berceau de nombreux missionnaires !) Ce sont ensuite les sœurs des Hospices de Beaune puis des sœurs italiennes qui s’en occuperont. Depuis 1992, ce sont des religieuses béninoise de l’ordre des Servantes de la Lumière du Christ qui gèrent ce centre. Actuellement, elles sont quatre Sr Adélaïde, Sr Albertine, Sr Zita avec Sr Rachel Togbé qui en assure la responsabilité depuis 2000. Il y a quelques années, l’hébergement des familles a été envisagé, à l’initiative de Sr Rachel, pour favoriser une prise en charge plus humaine des malades. La vie en famille des malades est possible. C’est donc un véritable village qui a été crée autour de l’ancienne léproserie avec ses rues, ses maisons, son école, sa chapelle, ses ateliers et bien sûr les salles de soins, la pharmacie. Là vivent 47 malades, 57 familles ce qui représente quelques 200 personnes dont 107 enfants. La convivialité, l’entraide, la joie de vivre, malgré le contexte de la maladie, est réelle dans le village. Les occasions de danses, de chants et de fête sont fréquentes et vite saisies ; c’est en chantant qu’une femme peut vous raconter toute sa vie de malade…

Soigner, nourrir, éduquer, enseigner :

¤- Soigner. Madjré est à la fois un dispensaire et une léproserie. Les habitants des villages proches viennent s’y faire soigner profitant de la compétence des sœurs et du personnel infirmier. Les lépreux présents ici sont souvent atteints de la forme grave, ils sont soignés le matin : traitements et soins, il y a attente à la salle de pansements. Certains sont en bonne voie de guérison, d’autres resteront invalides, d’autres encore sont malheureusement plus atteints.

¤- Nourrir. Pour limiter les dépenses de fonctionnement, c’est l’autarcie qui est recherchée. On y pratique donc la culture de manioc, de maïs, de piment, on y fabrique l’huile de palme, on récolte les fruits de manguiers, de papayers, on y fait de l’élevage de lapins, de poules (arrêté pour cause de grippe aviaire) et de cochons. Des greniers et entrepôts permettent de stocker d’une récolte à l’autre. L’attente de la prochaine récolte quand les réserves sont épuisées occasionne souvent une période difficile dite « de soudure » pendant laquelle il faudra acheter pour faire la jonction.

¤- Éduquer. Les familles sont responsabilisées et non assistées, elles prennent part à tous les travaux des champs ainsi qu’à l’entretien, à la construction et à l’amélioration des bâtiments. Elles ont droit à un petit lopin de terre afin d’être en quelque sorte indépendants.

¤-Enseigner. Au Bénin, l’école est, en principe, obligatoire à partir de 6 ans. L’enseignement se fait en français, langue officielle du Bénin. A Madjré, une école primaire a été installée, elle permet la scolarisation des enfants. Pour certains le suivi de la scolarité au collège, au lycée et même à l’université (pour la 1ère fois cette année) est également pris en charge. Sur place, cela représente des postes d’enseignants, des besoins en matériel, en fournitures scolaires et livres et des frais pour ceux qui continuent leurs études ailleurs. L’an dernier, l’association « Grandir à Madjré » a permis de créer une maternelle « La Pépinière Nouvelle ». Les très jeunes enfants bénéficient maintenant d’un environnement et d’un lieu spécifique propices à leur développement.

Des jeunes bénévoles d’associations humanitaires (Fidesco, « Grandir à Madjré » et autres…) viennent périodiquement apporter leur contribution à toutes ces activités. L’expérience humaine vécue à Madjré fait que de ce lieu-là, il est impossible de repartir tel que l’on est arrivé !!!

Trouver les fonds pour le fonctionnement et les projets :

C’est un énorme travail de relations publiques, c’est un « combat » à reprendre chaque année pour Sr Rachel avec une énergie et un dévouement incroyable ! Continuer à obtenir de l’état béninois, de la Fondation Raoul Follereau et de diverses associations des aides suppose des contrôles quant à leur bonne utilisation, des demandes à renouveler, dépôts de dossiers, rendez-vous dans les ministères à Porto-Novo et même de venir en France pour « présenter » directement ses nouveaux projets auprès de la Fondation Raoul Follereau et des amis.

C’est alors l’inquiétude dans l’attente de l’attribution de ces aides, il est toujours nécessaire de déployer des trésors d’inventivité pour pallier les manques. Les sœurs savent toujours s’en remettre à la Providence et rester confiantes en l’avenir, sans aucun fatalisme elles sont tellement agissantes !

Les aides extérieures ont déjà permis l’achat d’un 4x4 et de terres à cultiver. Elles ont aussi aidé à la construction de clapiers, du four à manioc, du puits et du système d’adduction d’eau sur 5 km, à l’agrandissement de la porcherie. Il reste à faire encore et toujours pour améliorer la vie à Madjré.

La Journée Mondiale de la lutte contre la lèpre, instaurée par Raoul Follereau, est un jour de réjouissances dans toutes les léproseries. Cette année, à Madjré ,le 40ème anniversaire de la léproserie et la 56ème Journée Mondiale des lépreux ont été fêtés ensemble les 24 et 25 janvier derniers. Le Père Louis-Marie Moreau, son fondateur était présent. Il réside toujours au Bénin où il est recteur du Centre marial de Djougou. Une messe solennelle présidée par l’évêque de Djougou a été célébrée le samedi 24 janvier et la fête a continué le lendemain dimanche : chants, danses, prières et repas partagés.

B et F.C Mossion.

En complément de cet article, vous pouvez visualiser le diaporama réalisé à partir de photos données par Sr Rachel en cliquant sur le lien ci-dessous.

Voir toutes les photos
pour faire défiler les photos automatiquement cocher la petite case en haut à droite dans le diaporama
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