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Vivre aujourd’hui notre ministère de prêtre ou de diacre
Article mis en ligne le 1er avril 2010
dernière modification le 5 avril 2010
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Ce soir du jeudi saint, l’Eglise célèbre en même temps l’institution de l’Eucharistie et donc du ministère ordonné des prêtres. Et en même temps, elle nous fait revivre le “lavements des pieds” des Apôtres par Jésus, geste ultime de Jésus qui fonde le ministère du diaconat. Alors ce soir, je voudrais très simplement, avec vous, mieux comprendre le sens des sacrements que l’Eglise nous propose au cours de l’année. D’abord, ce qui est fondamental, c’est que tous les sacrements prennent leur source dans la Résurrection du Christ, et c’est toujours la vie du Christ ressuscité qui nous est communiquée par les sacrements. C’est pour cette raison qu’il n’est jamais possible de célébrer un sacrement entre le jeudi saint au soir et la Veillée Pascale... car le sacrement est le signe visible, tangible du don réel de la vie du Christ ressuscité et non de sa mort.

Pour me faire comprendre et pour expliquer le sens du mot « sacrement », je vais prendre un exemple très terre à terre, même s’il est imparfait : imaginons une rivière devant nous…nous voyons l’eau qui coule, mais nous ne voyons pas la source qui existe forcément en amont , et sans cette source, il n’y aurait pas de rivière ; sans la source, la rivière deviendrait un chemin asséché… c’est donc bien la source qui est importante... La rivière actualise et rend présente devant nous une source jaillissante, une source que nous ne verrons peut-être jamais de nos yeux de chair. La rivière est bel et bien sacrement d’une source que nos yeux ne peuvent pas voir, mais qui est essentielle ; la rivière met l’eau de la source à notre portée ; le sacrement met la vie de Dieu à notre portée. Oui, un sacrement, célébré en Eglise, nous transmet toujours la Vie de Dieu, ce Dieu que nous n’avons jamais vu de nos yeux de chair et qui peut nous paraître lointain.

Ici je ferais deux réflexions : la première sur la force de vie transmise dans les sacrements, et la deuxième sur les ministres chargés de célébrer ces sacrements.

D’abord, la vie qui est transmise aux hommes, c’est bien la vie du Christ ressuscité, et non pas la vie des ministres du sacrement. L’Eglise n’a absolument pas la mission de s’annoncer elle-même...elle est faite pour transmettre au monde la vie de Dieu. Il est bien clair que sa mission est d’annoncer le Christ ressuscité à temps et à contre temps. En ces temps difficiles que nous traversons au sein de notre Eglise, nous sommes appelés à nous recentrer sur la personne du Christ...sur Jésus ressuscité. C’est lui ce trésor que nous portons dans des vases d’argile de nos vies, comme le dit St Paul.

Et Dieu s’est choisi des ministres pour communiquer cette vie de bonheur à tous les hommes. Les évêques, les prêtres, les diacres ou toute personne appelée au service de l’Eglise sont des êtres humains qui peuvent parfois devenir très fragiles...souvenons nous de Judas...de Pierre, pourtant appelés eux aussi par Jésus. Et lorsque quelques uns commettent des actes graves contre des frères en humanité, alors qu’on leur a fait confiance pour construire un monde d’amour et de paix au nom du Christ lui-même, c’est l’Eglise toute entière qui est touchée et qui souffre. Il n’est pas possible d’excuser des actes qui blessent gravement la dignité d’une personne humaine quelle qu’elle soit...il faut que justice soit faite. Cependant, il n’est aucun enfer, aucun enfermement, trop ténébreux, trop scandaleux, que le Christ n’ait pu atteindre, rejoindre, visiter. Avec Jésus lui-même, il nous faut descendre jusque dans ce monde qui se refuse à la lumière de Dieu, non pas pour en être complice mais pour y proclamer l’espérance contre toute espérance, la victoire encore si peu visible de Pâques. Soyons comme Thérèse de l’Enfant Jésus qui, derrière les murs de son Carmel, à Lisieux, se sentait appelée à « s’asseoir à la table des pécheurs »...Parce que c’est la place du Christ. Le Christ ne descend pas dans nos enfers pour s’y noyer avec nous, mais pour nous agripper fermement, nous et ce monde que nous devons aimer d’autant plus fort qu’il nous semble plus pécheur, et nous entraîner là où nous sommes depuis toujours attendus, vers la Vie, vers la Lumière, vers le Père.

C’est tout être humain, baptisé ou non, ministre de l’Eglise ou fidèle laïc, croyant ou non croyant, que Jésus vient aggripper en descendant aux enfers en ce Jeudi et vendredi saint, pour nous tirer tous vers Pâques, vers la vraie Vie. Pâques n’est pas qu’une fête à célébrer religieusement, c’est un salut à vivre. Du fond de notre misère, laissons nous aggripper par le Christ Ressuscitépour naître à la Lumière.

Père Louis Morandeau


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