Homélie veillée pascale avec baptême de Maé et Pacôme.
Frères et sœurs,
en cette nuit unique, la plus belle de toutes les nuits, nous sommes passés des ténèbres à la lumière. Nous avons allumé le feu nouveau, nous avons suivi la lumière du cierge pascal, et peu à peu l’église s’est illuminée. Ce que nous avons vécu extérieurement raconte ce que Dieu accomplit intérieurement : Il vient éclairer nos vies, chasser nos obscurités, et nous ouvrir un chemin de vie.
Cette nuit, nous avons entendu l’histoire de Dieu avec son peuple : la création, où tout commence dans la lumière ; la traversée de la mer, où Dieu libère de l’esclavage ; les promesses des prophètes, où Dieu annonce un cœur nouveau. Tout cela converge vers un événement : la Résurrection du Christ.
Le tombeau est vide. La mort n’a pas le dernier mot. Le Christ est vivant.
Et ce message n’est pas seulement une belle idée ou un souvenir. Il est pour aujourd’hui. Il est pour nous. Il est pour vous, Maé et Pacôme.
Maé et Pacôme, vous êtes étudiants, en chemin, en recherche, comme beaucoup de jeunes de votre génération. Et ce soir, vous faites un choix fort : recevoir le baptême. Ça ne se situe pas pour vous dans une tradition ce n’est pas non plus un riote symbolique, c’est une plongée dans la vie même de Dieu qui vous a appelés.
Par le baptême, vous allez être unis au Christ. Avec lui, vous allez passer de la mort à la vie. Tout ce qui enferme, tout ce qui pèse, tout ce qui abîme… Dieu ne l’efface pas comme par magie, mais il vous donne une vie nouvelle pour traverser tout cela autrement.
Être baptisés, c’est devenir fils et filles adoptifs de Dieu par la fraternité du Christ Jésus, fils unique de Dieu. Cela veut dire que vous n’êtes plus seuls, vous avez plein de frères et sœurs désormais. Et votre vie a une source, un sens, une direction. Dieu vous appelle par votre nom, et il marche avec vous.
Mais cette nuit nous concerne tous également.
Car nous aussi, nous avons été baptisés. Peut-être il y a longtemps. Peut-être sans en garder de souvenir. Et pourtant, cette nuit nous invite à redécouvrir ce trésor.
Sommes-nous vraiment des vivants ? Vivons-nous comme des ressuscités ?
Croire en la Résurrection, ce n’est pas seulement croire qu’il y a une vie après la mort.
C’est croire que dès maintenant, quelque chose peut renaître en nous.
Une espérance là où il y avait du découragement.
Une paix là où il y avait du trouble.
Une capacité d’aimer là où il y avait de la fermeture.
Le Christ ressuscité ne vient pas supprimer nos questions ou nos fragilités. Il vient les habiter de sa présence.
Maé et Pacôme, votre démarche est un signe pour toute l’Église. Vous nous rappelez que la foi est vivante, qu’elle est un choix, qu’elle est une rencontre.
Et à nous tous, cette nuit pose une question simple et exigeante : voulons-nous laisser le Christ faire renaître quelque chose en nous ? nous faire renaître tout entier ?
Dans quelques instants, l’eau du baptême sera bénie. Cette eau, signe de vie, signe de purification, deviendra pour vous source de vie éternelle. Et nous tous, nous renouvellerons tous les promesses de notre baptême.
Alors, avec vous, Maé et Pacôme, redisons oui. Oui à Dieu. Oui à la vie. Oui à cette eau vive. Oui à la lumière qui ne s’éteint jamais.
Car le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Amen.
Abbé Thierry Piet.