Au-revoir à Jean-Luc Rousseau
Article mis en ligne le 31 janvier 2021

par BFCM

Au Revoir, Jean-Luc


La communauté paroissiale, ses amis étaient là présents ou en union de prières et de pensée pour entourer Maryse, ses enfants, petits-enfants, sa famille lors de sa sépulture en l’église Sainte Eulalie de Benet ce lundi 25 janvier 2021. Nous avons rendu grâce pour sa vie accomplie, donnée au service des autres à la lumière de sa foi.

Mot d’accueil

Dans cette église où il a tant de fois animé, Jean Luc nous rassemble aujourd’hui autour de Maryse, Guillaume et Maryam, Sophie et Stéphane, Christophe, les petits enfants et toute la famille. La tristesse se lit sur beaucoup de visage depuis l’annonce de son départ tant redouté depuis quelques semaines.
Réunis, nous présents dans cette église aujourd’hui, en lien avec tous ceux qui n’ont pu être là pour des raisons diverses ou dues à la pandémie, nous formons une assemblée, qu’elle soit porteuse pour vous sa famille de notre sympathie et de notre compassion. Qu’au-delà de cette douleur ressentie, elle soit signe de reconnaissance pour tout ce vécu avec Jean Luc et nous engage à poursuivre son chemin.
Pour moi, Jean Luc avec Maryse ont toujours fait partie de notre histoire à Benet. Jean Luc y arrive comme professeur de Math au collège St Martin, avec son dynamisme et son caractère, modelé par ses années à la Tourtelière puis son passage au CFP de l’Aubépine où commence son histoire avec Maryse, il part au Mali où 2 années de coopération missionnaire seront une étape marquante à laquelle il faisait souvent référence.
Très investi dans sa tâche d’enseignant, il élargit son horizon avec le sport. Au foot, il est reconnu autant pour ses qualité d’équipier, d’entraineur pour les jeunes, de dirigeant puis secrétaire, que pour ses coups de gueule sur le terrain ou sur la touche.
Avec l’entrée des enfants à l’école, voilà les engagements comme parents d’élèves et commence la participation aux kermesses qui vont devenir la fête du Préfou, il en a été un des piliers créateurs et le jour de la fête avec son micro il en était l’animateur exceptionnel .
En 1980, invités par Joëlle et Michel Renoux, avec Maryse, ils entrent à Partage et Rencontre, un mouvement d’action catholique particulièrement centré sur l’accueil de l’autre là où il est. Ils y prendront des responsabilités diocésaines et régionales. En 2000, il entre dans la Fraternité Missionnaire de la Paine dont le charisme est l’accueil du plus pauvre dans ma plaine, il confirme en lui son engagement dans des associations caritatives, comme l’Opération Orange de Sr Emmanuelle et le Secours catholique où il est animateur du secteur de Maillezais.
Depuis quelques années déjà, il a la responsabilité paroissiale de l’animation liturgique et de la chorale.
Entrons dans la célébration d’action de grâce.
C’est toute une vie bien remplie que nous présentons à Dieu maintenant. Cette vie où je n’ai pas mentionné sa famille mais vous êtes chacun empli de son amour et de sa présence très forte avec son dynamisme et son caractère, toujours à fond dans ces engagements parfois peut-être un peu trop. Cependant il restait conscient, dans toutes ses activités, de n’être que le maillon qui enchaine et relie sans prendre toute la place.
Que Dieu Père accueille maintenant Jean Luc avec ses forces et ses faiblesses et lui donne la joie dans son royaume et qu’il nous accompagne pour poursuivre la route commencée avec lui sur un chemin de foi et d’espérance.

Henri Garreau - Équipe Funérailles

Homélie

- 1ère lecture : 1 Jean 3,14-16.20 Évangile : Jean 14, 1-6.

Comment ne pas avoir le cœur serré en voyant partir Jean-Luc que nous avons connu, avec qui nous avons vécu et partagé tant de choses ?
Nous sommes nombreux, ce matin, pour lui dire au-revoir et merci… et nous ne voulons pas rester dans notre tristesse et notre désarroi, nous voulons nous ouvrir à l’espérance et envisager l’avenir.

Oui, nous sommes là, avec beaucoup d’autres par la pensée et la prière, pour rendre grâce à Dieu pour la vie de Jean-Luc.

Jean-Luc, deux prénoms rassemblés, deux prénoms d’évangélistes : Jean, le disciple que Jésus aimait ; Jean, le chantre de l’amour de Dieu et celui qui présente Jésus serviteur dans la « cène » du lavement des pieds … et Luc, le médecin attentif aux pauvres et aux malades ; Luc, le missionnaire, l’auteur des Actes des Apôtres. Ces prénoms résument bien ce qu’a été Jean-Luc et ce qu’il restera pour nous.

Cette action de grâce, nous allons la faire avec Jean-Luc lui-même.
Le P. Clément Pichaud, qui n’a pas pu venir, m’a laissé un florilège de paroles de Jean-Luc glanées au cours de rencontres de la Fraternité de Chaillé. On va les laisser résonner en nous, elles sont pleines d’Évangile.

Par exemple, « La vie est belle si elle est donnée à Dieu pour les autres »
ou encore ; à la naissance de sa petite fille Lucile, dans sa prière, « Merci, Seigneur, pour la vie que tu donnes par nous. »
Il a dit aussi au cours d’une rencontre, il y a quelques années : « Dieu est aux petits soins pour nous, et il fait de nous les aides-soignants de la création. » On en trouve aujourd’hui toute l’actualité dans la réception que nous faisons de l’encyclique Laudato si du pape François et dans le contexte du covid.

-  Alors oui, merci pour celui qui a existé et qui a été bien présent au milieu de nous.
-  Merci pour l’amour qu’il avait envers les siens et l’amitié qu’il a eu pour nous.
-  Merci pour tout ce qu’il a désiré et tenté pour le bien de chacun.
-  Merci pour tout ce qu’il a fait naître. Vraiment, il a su donner corps à cette parole de St Jean entendue dans la première lecture : « Nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité ». Et c’est bien la meilleure façon d’être un "disciple-missionnaire".

Une vie, c’est toujours quelque chose de beau quelle qu’en soit la durée. Et c’est vrai nous aurions aimé que Jean-Luc passe un peu plus de temps avec nous.

Dans sa famille, dans son travail, dans ses amitiés, dans ses responsabilités, dans la paroisse, il s’est engagé tout entier en tout, avec fidélité, ne comptant pas ses heures, ne ménageant pas sa fatigue, toujours attentifs aux autres,
-  pour faire grandir les jeunes dans un plein épanouissement– je pense à sa profession d’enseignant où il disait qu’il avait souvent l’impression de prêcher dans le désert, je pense aussi au sport et au foot –
-  pour donner de la dignité aux personnes dans le besoin – je pense au Secours Catholique – C’est une réco sur Jésus Serviteur qui l’a amené à s’engager au Secours Catholique. Je pense aussi à l’Opération Orange initiée par Sœur Emmanuelle, puis continuée avec Sœur Sarah, tous les ans au Collège St Martin
-  pour donner une âme à nos assemblées de prière – je pense à la coordination de la liturgie qu’il assurait dans la paroisse
-  pour faire grandir sa foi et mettre sa vie en cohérence avec elle – je pense à la Fraternité Missionnaire de la Plaine et de Ste Thérèse, de laquelle il disait : « La fraternité n’est pas une structure, mais une nourriture. J’y ai trouvé à la fois la profondeur et le large… » Il semblerait que les derniers mots prononcés par Jean-Luc aient été pour Ste Thérèse.
-  Sa vie et sa foi, il la partageait aussi en équipe Partage et Rencontre. Et là, je me souviens d’une réunion d’équipe où Jean-Luc et Maryse nous racontaient avec passion à partir d’un petit livre édité par le mouvement, une rencontre nationale, fin 2016 au Croisic. Ce livre qu’il aimait beaucoup a pour titre « De tempête en embellie, ainsi va la vie ».

Ainsi va la vie ! ô certes, tout n’a pas été facile pour Jean-Luc, les difficultés et les épreuves ne l’ont pas épargné. Ce n’est pas toujours facile d’être en responsabilité et de manager, d’accompagner des équipes…
Et parmi les épreuves, il y a eu celles de la santé, et ces derniers mois celle de la solitude difficile à surmonter, à l’hôpital, dans le contexte de l’épidémie, alors que Jean-Luc a toujours été parmi nous l’homme de la convivialité, du rassemblement et de l’animation – je pense à l’ambiance qu’il mettait aux fêtes, notamment à celle du Préfou –
Oui ainsi va la vie !

Remercions le Seigneur pour cette vie, pour ce qu’il a voulu en faire pour les siens, pour nous, pour les plus petits : une vie de service.

Cette vie, il l’a vécue avec Jésus. Un Jésus serviteur, un Jésus frère qui a dit un jour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie - le vrai chemin de vie – nul ne peut aller chez le Père sans passer par moi, c’est-à-dire sans vivre la Pâque avec moi. Et dans la Pâque, il y a la croix.

Voilà pourquoi dans cette célébration, nous voulons aussi ouvrir nos cœurs à l’espérance.
Dieu est amour, nous rappelle St Jean dans la première lecture, un Dieu-Amour qui n’abandonne pas ses enfants. Dieu veut sauver par amour ceux qu’il a créés par amour.

Nous sommes là pour Jean-Luc, mais nous sommes là aussi pour le Seigneur qui lui a donné de vivre de belles choses pour nous.

Nous chanterons tout à l’heure : « Ce que tu as donné en d’autres fleurira, ce que tu as chanté en d’autres jaillira, ce que tu as semé en d’autres germera ». Oui c’est à nous maintenant d’envisager l’avenir avec ce qu’il reste de Jean-Luc, son témoignage de vie.

Et le chant continue avec cette phrase : « Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera ». Nous pensons naturellement à Jésus, le ressuscité, mais nous pouvons penser aussi à Jean-Luc, à chacun de nous, à cette résurrection qui nous est promise à nous aussi. Par- delà la mort, Dieu veut nous faire vivre dans son amour, Dieu veut nous donner en plénitude sa propre vie, la vie éternelle.

Qu’est-ce que l’éternité sinon ce Partage et Rencontre infini avec le Seigneur et tous nos amis autour de lui pour chanter sans cesse Dieu qu’ils ont enfin trouvé ?

Thierry Piet, curé de la Paroisse