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Homélie du jeudi saint 2018.
Article mis en ligne le 15 mai 2018
dernière modification le 11 avril 2018

par BFCM
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Jeudi Saint 2018

Je voudrais ce soir m’entretenir avec vous avec la progression que nous avons vécue chaque dimanche de carême avec la tapisserie du CCFD-Terre Solidaire que le site de la paroisse a relayée avec la prière quotidienne écrite par les uns et les autres de notre communauté.

Premier verbe : s’approcher.

De jour en jour depuis le mercredi des cendres, ouverture du carême, pas à pas, nous nous sommes ouverts à l’inconnu, nous avons cheminé vers le Seigneur, mais aussi les uns vers les autres dans notre réflexion sur l’avenir de notre Eglise, par exemple, par notre soirée du 13 mars à Bouillé, par des séances de caté plus en lien avec la liturgie, par d’autres moyens plus habituels et plus personnels aussi.
Ce soir, nous sommes assis à la table commune pour tisser ensemble une alliance. Nous sommes là pour faire mémoire de Jésus qui prit du pain et du vin, de Jésus qui lava les pieds de ses disciples, tout cela pour faire mémoire de la Pâque juive, c’est-à-dire de la libération du peuple hébreu de chez Pharaon, roi d’Egypte. Nous avons entendu dans la première lecture la manière dont on célébrait ce souvenir : on mangeait debout, en vitesse, pas le temps de faire lever le pain, on était prêt à partir, Moïse en tête, avec la hâte de s’approcher de la liberté. Nous entendrons ce récit à la Veillée Pascale.

Deuxième verbe : se laisser toucher.

Ce soir, nous pouvons nous laisser toucher, nous émouvoir, nous bousculer par cette scène (Cène) Ecrivons-le avec un C, car ce mot désigne le repas du soir. Si nous avons changé un peu la disposition de cette église, c’est bien pour marquer un événement important et pour nous aider à entrer dans sa compréhension.

C’est un repas qui unit, car dans la nuit nous allons partir vers la Terre Promise, vers le pays de liberté. Alors laissons-nous toucher par nos différences, ce que nos visages portent d’humanité pour rejoindre tous ceux qui ont fait et soif de cette liberté aujourd’hui et qui ne savent pas qu’il existe une terre où ils peuvent la trouver : cette terre, c’est le Royaume que Jésus nous propose, c’est L’Evangile, sa Parole qu’il nous invite à vivre dès aujourd’hui.

Troisième verbe : se lier.

Se lier au Christ, n’est-ce pas une folie ? Jésus a voulu fêter la Pâque avec ses amis. Ils sont tous là. Même Judas au début ! Si nous sommes là, c’est que nous faisons partie de ses amis, liés par le baptême, appelés à la liberté, envoyés pour être témoins de son amour. Mais nous avons bien conscience de notre petitesse. Quelqu’un disait : « Un ami c’est quelqu’un qui vous connaît bien et qui vous aime quand même. » Pensons à Jésus qui aime Pierre, qui aime Judas, qui aime Jean aussi… qui nous aimes tous. Se lier au Christ, c’est vivre des moments forts, y compris ceux où nous donnons notre vie.

Quatrième verbe : se donner.

Aimer c’est tout donner et se donner soi-même, disait la petite Thérèse. Ce soir, nous recevons un appel à prendre des risques. Comme le Christ osons nous mouiller, mais pas seulement les pieds, comme disait l’Apôtre Pierre, mais tout entier ! Osons nous engager pour la justice, la paix, la solidarité. Jésus n’a pas donné le superflu, il s’est vidé de lui-même pour donner toute sa personne, son humanité et sa divinité. A sa suite, nous pouvons évoquer de grandes figures de l’Eglise qui ont donné leur vie et leur mort. A la veillée Pascale nous chanterons la litanie de saints, et on peut évoquer Arnaud Beltrame qui a vécu il y a 10 ans une authentique conversion au Christ et qui a donné sa vie vendredi dernier, vendredi de la Passion pour qu’un autre vive. Ce n’est pas sans rappeler le P. Maximilien Kolbe, martyr dans des circonstances un peu semblables, en prenant la place d’un prisonnier père de famille dans un camp de concentration en 1941.

Cinquième dimanche : s’élever.

C’est d’abord en s’abaissant jusqu’à nous laver les pieds que le Christ nous a montré que c’est le service qui nous fait sortir de la servitude. Et c’est aussi en se donnant, en s’élevant sur la croix, que le Christ nous élève, élève l’humain pour le rétablir dans sa dignité. Le signe du lavement des pieds annonçait celui de sa mort et de sa résurrection. Mais Jésus ne nous lave pas seulement avec de l’eau, mais il nous lave dans son sang, dans sa vie donnée.

Ce soir, nous sommes donc rassemblés pour célébrer cet abaissement et cette élévation du Christ Jésus. Nous le faisons autour d’une table, au cours d’un repas, un mémorial que nous appelons aujourd’hui Eucharistie. Aujourd’hui, nous faisons mémoire du passé pour vivre demain. C’est l’alliance nouvelle et éternelle.
Demain, Vendredi Saint, nous mettrons l’accent sur la mort de Jésus. La liturgie prévoit aussi la communion, comme ce soir, et pourtant il n’y aura pas de messe. Mais la véritable messe, la véritable eucharistie, la véritable offrande, n’est-elle pas sur la croix ? C’est ce que nous disons à chaque messe. Et même si le Vendredi Saint, l’Eucharistie n’est pas célébrée comme ce soir ou le dimanche, le prêtre revêtira la chasuble pour faire le lien entre le Jeudi saint et le vendredi Saint, pour signifier que l’Eucharistie, c’est le Christ qui se donne sur la Croix, qui se donne par amour à l’humanité tout entière

Le geste du Lavement des pieds que nous allons vivre maintenant dit aussi que le Christ s’approche de nous, qu’il désire nous toucher, qu’il veut se lier d’amour avec nous, qu’il se donne à nous en se mettant à notre service, qu’il désire nous élever comme il sera élevé en nous demandant de faire comme lui.

T.Piet



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