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Le ciel offre au monde l’essentiel, homélie de Noël 2018.
Article mis en ligne le 31 décembre 2018
dernière modification le 1er janvier 2019

par Thierry Piet

Frères et sœurs, le ciel offre au monde l’essentiel.

Mais quel est notre monde ?
Tout à l’heure, au début de cette célébration, alors que l’église était encore dans la pénombre, nous avons eu droit à un journal pas comme les autres, un journal où il n’y a que des bonnes nouvelles. Ça n’existe pas à la télévision !
C’est vrai que les bonnes nouvelles dans notre monde, il faut les chercher. Et puis, on est tellement avide de ces nouvelles qui nous attristent ! On s’en délecte et on les colporte en premier.
Oui, dans quel monde vivons-nous ? Et chacun de nous dans ce monde, que vivons-nous ? Que faisons-nous ? « Que devons-nous faire ? » pour reprendre la question que l’on posait autrefois à Jean le Baptiste, dans l’évangile du troisième dimanche de l’avent.
Les chantiers et les défis sont grands ;
les questions et les incertitudes le sont aussi.
Et les lueurs d’espérance nous paraissent bien petites.
De quels cadeaux notre monde a-t-il besoin pour vivre ? pour survivre ? Aucun média n’en parlera vraiment… même le pape fera figure de Père Noël blanc à la télé entre deux émissions de variétés dites de Noël, enregistrées depuis quelques semaines. C’est ça, notre monde !

Le ciel offre au monde l’essentiel.
Mais quel est ce ciel ?

Il y a celui dont la couche d’ozone est abimée ;
il y a celui qui n’apporte pas toujours la pluie dont on a besoin ;
il y a celui que les astronautes vont explorer pour conquérir l’espace ;
il y a celui des peintres et des aquarellistes ;
c’est aussi ce lieu mythique qu’on appelle paradis ou nirvana dans les religions,
ce lieu, qui dans le Notre Père, désigne la résidence de Dieu,
ce lieu qui s’est ouvert pour que Dieu vienne habiter chez nous.

Le ciel offre au monde l’essentiel.
Mais quel est cet essentiel ?

Ce qui brille cette nuit, c’est une étable, pas un palace.
Ce qui sourit cette nuit, c’est un enfant, pas un géant.
Ceux qui sont à l’honneur cette nuit, ce sont des bergers, pas des rois.
Ceux qui veillent avec beaucoup d’amour cette nuit, ce sont des parents, Marie et Joseph, pas des inconnus.
Toute la création est là à la crèche, même les animaux, même les êtres invisibles qu’on appelle les anges. Cette toute la Création qui est là… pour accueillir un enfant…
Un enfant ne sait parler… et celui-ci est la Parole de Dieu, le Verbe incarné.
Un enfant c’est pauvre et dépendant… et celui-ci est Dieu libre, venu librement.

N’ayons pas peur de Dieu, c’est un enfant ; il est tendresse et humanité. Et c’est là l’essentiel.
Dans tous nos bavardages, il est silence, Dieu se fait silence. Non pas parce qu’il se désintéresserait de nos discussions, débats d’idées et autre doléances…
mais pour nous apprendre d’abord à écouter, accueillir, à nous intéresser à l’autre comme lui s’intéresse à nous.
Dans toutes nos richesses et nos superflus, il est pauvre, Dieu se fait pauvre. Non pas parce qu’il se désintéresserait de nos demandes parfois légitimes…
mais pour nous apprendre que la vraie pauvreté
c’est de se mettre au service des autres,
c’est de s’oublier pour que les autres ne soit plus jamais oublié,
pour que Dieu lui-même ne soit pas oublié,
ne soit pas le grand absent de cette fête.

C’est Noël, le ciel offre au monde l’essentiel.
Cette nuit nous sommes venus parce que nous cherchons l’essentiel pour nous-mêmes et pour notre monde.
Nous cherchons l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous à qui nous ne donnons pas toujours la place pour que son enfance et sa pauvreté illuminent les vieux adultes que nous sommes encombrés et toujours avides de fausses richesses.

Le ciel nous offre l’essentiel. Saurons-nous accueillir ce cadeau, le seul capable de nous rendre heureux ?
Que l’enfant de Noël nous fasse toujours renaitre à plus beau, plus grand et plus vrai !
Que l’enfant de Noël nous réunisse comme frères et sœurs pour faire naître le monde nouveau que Dieu attend de nous !
Que l’enfant de Noël soit notre joie et notre paix !