Homélie du Mercredi des Cendres 18 février 2026.
Article mis en ligne le 19 février 2026

par BFCM

« Invités à boire à la source de l’eau vive »

Frères et sœurs, en ce Mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême par un geste sobre et puissant : recevoir des cendres sur notre front. Ce signe nous rappelle notre fragilité : «  Tu es poussière et tu retourneras à la poussière.  » Il nous rappelle aussi l’appel pressant de Dieu : «  Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.  »
Recevoir les cendres, ce n’est pas s’enfermer dans la tristesse ou la culpabilité. C’est reconnaître humblement notre soif. Oui, nous sommes poussière… mais une poussière aimée de Dieu, une poussière que Dieu veut vivifier par son souffle. Et ce souffle nous conduit aujourd’hui vers une promesse : celle de l’eau vive.

Tout au long de la Bible, Dieu se présente comme la source. Par le prophète Jérémie, il déplore que son peuple l’ait abandonné, lui « la source d’eau vive », pour se creuser des citernes fissurées. Combien de fois faisons-nous la même chose ? Nous cherchons à étancher notre soif de bonheur, de paix, de reconnaissance, dans des réalités qui ne peuvent pas combler notre cœur.
Le Carême est précisément ce temps où Dieu nous redit : «  Viens. Reviens à moi. Viens boire à la source.  »

Les trois pratiques proposées par Jésus dans l’Évangile — la prière, le jeûne et le partage — ne sont pas des performances religieuses vides de sens. Elles sont des chemins vers la source :
La prière nous ramène au cœur à cœur avec Dieu. Elle nous fait quitter le bruit pour écouter Celui qui murmure dans le secret, Celui qui bruit comme une source.
Le jeûne creuse en nous un espace. Il nous fait ressentir notre faim, notre manque, pour nous rappeler que Dieu seul peut combler notre soif la plus profonde, le désir que seul Dieu connaît bien pour nous.
Le partage ouvre notre cœur aux autres. Car boire à la source de Dieu nous conduit toujours vers nos frères et sœurs.

Sur notre front aujourd’hui, les cendres tracent comme le signe de notre désert intérieur. Mais le désert, dans la Bible, n’est pas un lieu de mort : c’est un lieu de rencontre. C’est au désert que jaillit l’eau du rocher. C’est au désert que Dieu parle au cœur.

Frères et sœurs, nous sommes invités à faire de ce Carême un chemin vers la source.
Non pas un temps de privation triste, mais un temps de retour à l’essentiel.
Non pas un temps d’efforts isolés, mais un temps d’intimité retrouvée avec Dieu.
Jésus lui-même dira à la Samaritaine : «  Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif.  »
Cette eau, c’est son Esprit.
Cette eau, c’est sa miséricorde.
Cette eau, c’est sa vie donnée pour nous.

En recevant les cendres, nous reconnaissons que nous avons soif.
En entrant en Carême, nous acceptons de marcher vers la source.
Et nous le ferons cette année avec Maé et Pacôme, nos deux catéchumènes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques et qui vivront les 3ème, 4ème et 5ème dimanches leur ultime préparation.
Nous le ferons également avec les six enfants et les deux ados qui, eux aussi, se préparent au baptême.
Nous le ferons également en pensant à tous les petits enfants qui seront baptisés pendant le temps pascal dont six le jour de Pâques, ce carême est aussi un temps de préparation pour leurs familles.
Et au terme de ce chemin, à Pâques, chemin catéchuménal pour chacun de nous et l’Eglise entière, nous redécouvrirons que le Christ ressuscité est la source ouverte d’où jaillit la vie nouvelle.

Que ce temps soit pour chacun de nous un temps de vérité, un temps de conversion, un temps où nous entendons l’invitation du Seigneur :
« Vous tous qui avez soif, venez ! Venez boire à la source de l’eau vive. » Amen.

Th.Piet