Homélie du 5ème dimanche de carême, 22 mars 2026.
Article mis en ligne le 22 mars 2026

par BFCM

Évangile de la résurrection de Lazare, 3ème scrutin pour Maé et Pacôme.

Frères et sœurs en Christ, en ce 5ᵉ dimanche de Carême, la Parole de Dieu nous conduit au cœur d’un mystère de la vie plus forte que la mort. L’Évangile d’aujourd’hui nous présente Jésus face au tombeau de son ami Lazare. Et au milieu des larmes, du doute et même d’un certain reproche – « Seigneur, si tu avais été là… » – Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie. »

Cette parole, elle est pour chacun de nous. Mais aujourd’hui, elle prend un relief particulier pour Maé et Pacôme, qui vivent leur troisième scrutin, et pour tous ces jeunes enfants et adolescents qui avancent vers le baptême.

Comme Lazare dans son tombeau, chacun de nous connaît des zones d’ombre, des enfermements, des peurs, des blessures, des péchés. Ces prières pénitentielles que nous faisons aujourd’hui comme celle que nous, les baptisés, nous avons vécu hier matin à St Sigismond, c’est laisser le Christ entrer dans ces lieux fermés pour y faire résonner son appel : « Viens dehors ! »

Maé, Pacôme, mais aussi vous les enfants et jeunes qui préparez votre baptême, cet appel vous est adressé personnellement aujourd’hui. Jésus ne vous appelle pas à être parfaits, mais à être vivants. Il ne vous demande pas de tout réussir, mais de lui faire confiance. Il croit en vous, même quand vous doutez de vous-mêmes.

Et nous aussi, communauté chrétienne, nous sommes concernés. Car cet appel ne s’adresse pas seulement aux catéchumènes. Il nous rejoint tous. Peut-être sommes-nous, nous aussi, enfermés dans des habitudes, dans des découragements, dans des péchés qui nous semblent impossibles à dépasser. Peut-être avons-nous roulé une pierre devant certaines parties de notre vie, en pensant : « Là, c’est fini. »
Mais Jésus nous dit aujourd’hui : « Enlève la pierre. »
Ce geste, il nous revient. Dieu ne force pas la porte. Il attend notre coopération.

En ce temps de Carême, les démarches pénitentielles que vivent les enfants et les adolescents en chemin vers le baptême sont un signe fort pour nous tous. Elles nous rappellent que la conversion est un chemin, parfois exigeant, mais toujours libérant.
Se tourner vers Dieu, reconnaître ses faiblesses, demander pardon, c’est déjà sortir du tombeau. C’est déjà laisser la vie circuler à nouveau.

Et puis, il y a ce moment dans l’Évangile où Jésus crie d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sort.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Jésus ajoute : « Déliez-le et laissez-le aller. »
Cela veut dire que la communauté a un rôle à jouer. Nous sommes appelés à aider nos frères et sœurs à vivre libres. À accompagner, encourager, soutenir. À ne pas enfermer les autres dans leur passé, mais à croire avec eux en leur avenir.
Vous tous qui marchez vers le baptême : l’Église est là pour vous entourer, pour marcher avec vous, pour croire en la vie que Dieu fait grandir en vous.

Frères et sœurs, à quelques jours de Pâques, cette parole de Jésus résonne comme une promesse : aucune nuit n’est définitive, aucune mort n’est sans issue, aucun cœur n’est perdu.
Alors, aujourd’hui, entendons cet appel. Laissons le Christ rouler les pierres de nos vies. Acceptons d’être relevés. Et marchons ensemble vers la lumière de Pâques. Amen.

Abbé Thierry Piet, curé.