« Que fais-tu de ton baptême ? »
Frères et sœurs,
Il y a une chose qui ne trompe pas : quand on voit les enfants avec leur cartable, on sait que les vacances sont terminées !
La rentrée, c’est le moment où chacun retrouve son rythme : l’école, le travail, les activités, les réunions… Et pour nous, chrétiens, c’est aussi la rentrée de nos communautés.
Mais une rentrée, c’est surtout une occasion de se demander : qu’est-ce que je vais faire de cette nouvelle année ?
Le 19 septembre, notre évêque va nous présenter des orientations pastorales pour les trois années qui viennent. Pour cette première année ce sera « Que fais-tu de ton baptême ? » Pas : « Quand as-tu été baptisé ? » Pas : « Est-ce que ton nom est bien inscrit dans un registre ? » Mais : « Qu’est-ce que ton baptême change dans ta vie ? »
L’Évangile de ce dimanche nous donne une première réponse.
Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. » Jésus ne nous dit pas : « Laisse tomber, ce n’est pas ton problème. »
Au contraire : ton frère est ton problème. Ta sœur est ta sœur.
La première lecture utilise une autre image : celle du guetteur. Le guetteur est celui qui veille. Il ne dort pas pendant que les autres sont en danger.
Alors peut-être que notre baptême commence par là : apprendre à regarder autour de nous.
À la rentrée, il y aura dans nos écoles des enfants heureux de retrouver leurs copains… mais aussi des enfants qui auront peur.
Il y aura des jeunes qui auront confiance en eux… et d’autres qui se sentiront seuls.
Il y aura peut-être quelqu’un dans notre entourage qui ne va pas bien et qui ne le dira à personne.
Que fais-tu de ton baptême ?
Est-ce que je vais prendre le temps de voir celui que personne ne voit ?
Est-ce que je vais oser dire une parole qui encourage ?
Est-ce que je vais prendre des nouvelles ?
Est-ce que je vais faire une place à celui qui arrive ?
Et Jésus nous donne une deuxième piste : oser la parole vraie.
Mais attention : Jésus ne nous demande pas de juger les autres.
Il nous dit : « Va lui faire des reproches seul à seul. »
Autrement dit : ne parle pas sur lui, va lui parler à lui. C’est exigeant !
Dans nos familles, dans nos paroisses, dans nos équipes, il est tellement facile de parler des autres. Beaucoup plus difficile d’aller les rencontrer.
Le baptisé est appelé à construire la fraternité.
Et pourquoi pouvons-nous croire que c’est possible ?
Parce que Jésus nous promet : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Voilà une parole extraordinaire pour notre rentrée diocésaine.
Nous ne sommes pas simplement une association de personnes qui ont les mêmes convictions. Le Christ est au milieu de nous. Dans nos messes. Dans nos rencontres. Dans nos équipes. Dans nos familles. Dans nos engagements.
Et cette rentrée est aussi placée sous le signe du Mois de la Création.
Là encore, le baptême nous interpelle.
Nous avons reçu une maison commune. Elle n’est pas à nous : elle nous est confiée.
Alors prendre soin de la création, ce n’est pas une mode. C’est une conséquence de notre foi.
Économiser l’eau, respecter la nature, consommer autrement, faire attention aux plus fragiles : ce sont aussi des manières très concrètes de vivre notre baptême. Et comme je l’ai écrit dans l’éditorial d u bulletin de ce mois de septembre : prendre soin de la création c’est aussi être artisan de paix et de fraternité.
Enfin, cette année, nous sommes particulièrement attentifs à la venue du pape en France.
Sa présence nous rappelle que notre foi ne s’arrête pas aux limites de notre paroisse. Nous appartenons à une Église universelle, à une grande famille.
Et cette famille a besoin de chacun de nous. Pas seulement des prêtres. Pas seulement des responsables. Pas seulement de quelques bénévoles toujours disponibles. De chacun de nous.
Alors, au début de cette nouvelle année pastorale, peut-être pouvons-nous prendre une résolution très simple : ne pas être simplement spectateur de la vie de l’Église.
Choisir un petit engagement. Une heure donnée. Une personne visitée. Un enfant accompagné. Une équipe rejointe. Une prière retrouvée. Un pardon demandé. Un service rendu.
Frères et sœurs,
Le baptême est un cadeau. Mais un cadeau n’est vraiment vivant que lorsqu’on s’en sert.
Alors aujourd’hui, le Seigneur nous pose cette question : Qu’est-ce que le Seigneur attend de moi ? « Qu’est-ce que je fais de mon baptême ? »
Abbé Thierry